Saut d’index, pensions du secteur public: trois jours de surchauffe à la Chambre

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Séance marathon à la Chambre, ces mardi, mercredi et jeudi. Trois jours en plénière pour adopter, majorité contre opposition on présume, et après moult discussions, trois projets de loi qui sont autant de « réformes » étoffant le programme de législature de la suédoise.

Un premier projet de loi a trait aux pensions du secteur public : suppression du bonus pensions, de la bonification liée aux diplômes, et interdiction de cumuler le bénéfice de la pension avec toute activité professionnelle. Un deuxième vise à « simplifier et moderniser » les droits de greffe en Justice. Enfin, un troisième se fixe pour objectif la « promotion de l’emploi » et, derrière cette appellation, projette la mise en œuvre du fameux saut d’index tant controversé et contesté : par les organisations syndicales comme par les formations politiques d’opposition, sans oublier certains employeurs, eux aussi réticents ou hostiles.

Les travaux à la Chambre débutent ce mardi par les débats ayant trait précisément au saut d’index. C’est le foyer de tensions. En commission parlementaire, PS, SP.A, Ecolo, Groen, CDH, FDF et PTB, à l’unisson pour le coup, avaient ferraillé tant qu’ils avaient pu pour freiner l’adoption d’une mesure jugée, disent-ils, « antisociale et antiéconomique », y parvenant en partie, puisque la majorité n’a pu voter l’un de ses projets de loi fétiches (celui-ci a son poids en termes symboliques dans la panoplie des mesures gouvernementales) en avril, dans les délais prévus. Partie remise : ce sera en mai.

Un mois de surchauffe sociale, probablement, qui débute par la fête du Travail, un jour traditionnellement voué à la protestation et aux revendications, qui le sera plus encore cette année sous l’empire de la suédoise. Quoi qu’il en soit, le gouvernement Michel n’a plus de temps à perdre : il faut adopter rapidement le projet de loi sur le saut d’index, avant la prochaine réunion de la dite « commission de l’indice », qui signale si la hausse des prix à la consommation dépasse ce qu’on appelle l’indice-pivot, ce qui justifie alors de faire l’impasse sur l’indexation des salaires et des allocataires sociales dans les secteurs économiques éventuellement concernés.

Tout cela, on l’a noté, à quelques jours du Premier mai, où les organisations syndicales (ajoutez que la CSC se réunit en congrès à partir de jeudi) dénonceront ce qu’elles appelleront un « passage en force », s’agissant d’une décision légitime démocratiquement (la suédoise dispose d’une majorité confortable à la Chambre : 85 sièges sur 150), motivée politiquement rue de la Loi (les « suédois » y voient un gain en compétitivité pour nos entreprises) et, dans le même temps, très contestée socialement, tant elle touche à un « acquis ».

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