Le cerf-volant comme œuvre d’art solidaire

Des dessins d’Yslaire, Schuiten ou Geluck sont mis aux enchères pour soutenir un projet de logements solidaires pour handicapés.

Ex-journaliste au service Culture Temps de lecture: 3 min

Imaginez-vous sur la plage ou dans un parc. Vous déroulez votre cerf-volant dans le ciel, et là, au-dessus de votre tête, un magnifique dragon signé François Schuiten vous crache du feu au visage. A moins que ce ne soient les yeux verts d’un tigre de Frank Pé qui vous fixent. Ou le « cerf-volant pain » de Luc Schuiten qui vous surplombe. Peut-être le chat de Philippe Geluck qui plaisante en altitude…

Pour la première fois de leur carrière, ces grands artistes ont dessiné sur des cerfs-volants. Ces œuvres originales et uniques feront l’objet d’une grosse vente aux enchères ce samedi 25 avril à 20 h, au centre culturel de Woluwe-Saint-Pierre, au profit de l’ASBL « Les Fauteuils Volants ». Trente-trois dessinateurs, peintres, architectes, personnalités ont répondu à l’appel de Christine Schuiten, la sœur du dessinateur. « Notre association a comme philosophie de faire vivre des choses légères et amusantes aux personnes à mobilité réduite ou avec un handicap physique. Le cerf-volant est donc une bonne idée de message. Avec l’aide de mes frères Luc et François, nous avons demandé à des artistes de participer gratuitement. J’ai été surprise de l’engouement de tous ces artistes. »

Yslaire, Frank Pé, Benoît Sokal, Emmanuel Lepage, Isabelle de Borchgrave, ou plus surprenant Adamo ou la famille Borlée. La liste est impressionnante. « Aucun thème n’était imposé, tous ont laissé cours à leur imagination », précise la présidente de l’ASBL. Si Philippe Geluck ou Cécile Bertrand, fidèles à leur style, ont joué sur l’humour, ceux de Benoît Sokal ou François Schuiten sont reconnaissables par leur univers si particulier. « Il a fallu travailler à l’acrylique sur une matière spécialement conçue pour voler, explique Luc Schuiten. J’ai décidé de jouer sur l’orthographe du mot “cerf-volant peint” pour inventer une sorte d’expression improbable “cerf-volant pain” avec un côté surréaliste. C’est une pièce unique. Ça ne m’intéresse absolument pas de la reproduire. »

Et pour vendre ces objets volants artistiques, un commissaire-priseur peu habituel : l’humoriste belge Bruno Coppens. Ce dernier a relevé le défi d’animer la mise aux enchères (avec l’aide d’un huissier). « Je me suis un peu renseigné sur le métier de commissaire-priseur. Je suis allé au Sablon pour récolter des informations. C’est très semblable au boulot d’un comédien finalement. Il faut chauffer la salle, emballer le public, parce que les enchères doivent monter. »

Juste avant la vente, il donnera une représentation de son spectacle Ma Déclaration d’humour, revisité pour l’occasion. « Un ensemble de choses anciennes et nouvelles sur l’amour. Comment déclarer sa flamme avec les technologies récentes ? Il y aura aussi des éléments nouveaux car j’actualise toujours mes spectacles. Par exemple, je commence par énumérer les absents qui n’auraient pas pu venir. Peut-être que je vais faire intervenir le public, c’est beaucoup d’improvisation. »

L’entrée à la soirée et à la vente aux enchères est bien sûr gratuite. Tout ce qu’espère l’ASBL « Les Fauteuils Volants », c’est d’atteindre l’objectif de récolte : 480.000 euros pour mener à bien le projet Jangada.

Spectacle et vente aux enchères le samedi 25 avril au W-Hall, au centre culturel de Woluwe-Saint-Pierre, à 20 h.

 

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