Belgique:« Réponse européenne unique»

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Ce jeudi se tiendra à Bruxelles un sommet extraordinaire des chefs d’État ou de gouvernement de l’UE sur la question migratoire. Les 28 discuteront notamment des dix propositions formulées par la Commission européenne.

Dans l’entourage de Charles Michel, on déclare que « le sujet est resté longtemps latent au niveau européen. Or, ce qui s’est passé le week-end dernier n’est pas une première ». Et de poursuivre : « La base de travail que constituent les 10 points de la Commission nous paraît intéressante. Le Conseil sera proactif : le but est de sortir des mesures concrètes. On ne peut pas laisser certains pays (l’Italie ou l’Espagne) se débrouiller. Il faut une réponse unique concernant les conditions d’accès, l’ouverture des frontières ou la capacité d’accueil ». Mais peu de détails concrets : « On travaille encore dessus dans les cabinets ».

La Belgique va-t-elle envoyer des bateaux en Méditerranée ? Elle en « a la capacité ». Va-t-on se concentrer sur l’accueil des Syriens ? « Ce n’est pas une bonne approche de se focaliser sur les Syriens. D’ailleurs, les personnes qui sont décédées venaient plutôt d’Afrique subsaharienne ».

Un des 10 points proposés par la Commission est de délocaliser certains dossiers. La Convention de Dublin II stipule que c’est le premier pays européen dans lequel arrive le migrant qui doit traiter la demande d’asile. Les pays du Sud doivent donc en gérer un grand nombre. La CE propose qu’un certain nombre de dossiers (on parle de 5.000) soient pris en charge par d’autres pays européens. Cela ne signifie pas que le reste de l’Europe accueille 5.000 demandeurs d’asile supplémentaires, mais qu’il décharge l’Italie – par exemple – de 5.000 dossiers. En cas de refus, le demandeur serait probablement rapatrié en Italie. À elle, alors, de reconduire la personne dans son pays d’origine.

Le secrétaire d’État à l’Asile et Migration, Theo Francken (N-VA), a répété dans divers journaux flamands qu’il existe des possibilités pour fournir des efforts supplémentaires. « À condition d’arriver à des accords au niveau européen pour une répartition plus équitable. Les discussions à ce sujet sont en cours. Dans un tel scénario, la Belgique pourrait réinstaller davantage de personnes. Mais il ne faut pas oublier que leur nombre a déjà doublé pour 2015 », a-t-il expliqué au Standaard.

« La Belgique vient d’octroyer un titre de séjour à 300 réfugiés syriens, principalement des femmes et des enfants sélectionnés par les Nations unies dans les camps de réfugiés ». Le ministre Francken précise encore que la Belgique « accueille proportionnellement beaucoup plus de demandeurs d’asile que la moyenne européenne ». « Depuis le début de la guerre civile, nous avons accordé la protection à 5.000 réfugiés syriens, dont 1.400 rien qu’en 2014. Or, nous sortons à peine d’une crise de l’asile, le Commissariat aux réfugiés doit encore faire face à un arriéré de 30.000 dossiers ».

« Il faut améliorer la lutte contre les passeurs et donner davantage de pouvoir à Frontex, estime Ivo Belet, parlementaire européen CD&V. I l faut aussi renforcer les opérations de sauvetage. En envoyant des navires belges en Méditerranée pour patrouiller, des militaires, ou en renforçant notre contribution à l’effort global. Mais on ne peut rester sans rien faire. À court terme, il faudra également conclure des accords avec des pays stables de la région (Égypte, Tunisie…) afin d’y déployer des bureaux de demandes d’asile ».

Le PPE (dont le CD&V fait partie) se réunit jeudi à Milan pour déterminer sa position au niveau du Parlement européen.

 

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