S'identifier S'abonner

Logistics a-t-elle été vendue illégalement par la SNCB?

La CGSP-Cheminots s’interroge sur la légalité de l’accord avec le fonds d’investissement Argos Soditic.

Journaliste au service Economie

Par Eric Renette

Temps de lecture: 4 min

Les syndicats cheminots tentent toujours de digérer l’arrivée du groupe financier franco-suisse Argos Soditic à la tête de la filiale de la SNCB, Logistics, qui s’occupe du transport des marchandises. Surpris par une signature de partenariat juste avant la « trêve » pascale, les syndicats préparent leur réaction. Pas très favorable.

La CGSP-Cheminots vient de publier sur son site une première analyse. Pas plus que la CSC-Transcom, le syndicat n’a été associé à la discussion, regrette-t-il. Au mieux, ils ont été avertis quelques heures avant la presse. Au-delà des problèmes de civilité, la CGSP s’étonne surtout sur le montage financier répartissant la part des nouveaux associés. « Avec une mise presque symbolique de 20 millions d’euros, Argos s’accapare 66,6 % du capital, la SNCB convertissant un prêt subordonné de 25 millions pour obtenir 33,3 % de participation. Par ailleurs, une opération de vente d’actifs avec location en retour est prévue afin d’injecter 50 millions dans la nouvelle société. » Pas cher, estime le syndicat, sachant que la valeur initiale de l’entreprise, à sa création fin janvier 2011, était estimée à 510 millions d’euros. Un capital dans lequel la SNCB avait déposé des immeubles, des terrains, 200 locomotives et 7.000 wagons. Sans compter la part importante que le passé de l’activité marchandises pèse toujours dans la dette que la SNCB continue à assumer.

Face à l’inconnue sociale concernant les 1.900 emplois concernés par l’activité, l’inquiétude fondamentale de la CGSP c’est que le fonds d’investissement, majoritaire a déjà annoncé son retrait dans les cinq ans, après réalisation de bénéfice dans l’opération : « La future revente de B-Logistics avec profit maximal est inscrite, dès le départ, dans les intentions du soi-disant partenaire ». La CGSP voit venir un scénario « à la ABX », quand « la filiale “petits colis” avait été vendue par la SNCB Holding à un fonds d’investissement britannique, 3i, en 2006 pour 10 millions, pour être ensuite très rapidement cédée par 3i (en 2008) au groupe Danois DSV pour 750 millions, 75 fois son prix d’achat !  »

Légalement, se demande le syndicat, l’arrivée majoritaire d’Argos dans Logistics respecte-t-elle la convention, imposée par l’Europe, pour accepter une unique et dernière aide lors de la création de la filiale marchandise « qui prévoyait, notamment, l’interdiction de la vente partielle ou totale, pendant un délai de 10 ans à savoir, jusqu’à la fin 2020. » La création de Logistics comme filiale indépendante était considérée, à l’époque, comme une aide d’Etat indirecte dont le montant total, réparti sur plusieurs années, dépassait les 300 millions.

Logistics renvoie l’interprétation de cet argument à la SNCB, qui reste jusqu’ici son actionnaire de référence. « Il n’y a pas eu de cession d’actions, y précise-t-on, mais un élargissement du capital nécessaire pour assurer l’avenir de la société dans laquelle la SNCB ne peut plus injecter de fonds. » Revente, élargissement de capital… l’interprétation pourrait donner jour à de passionnantes plaidoiries d’avocats si le syndicat invoque l’argument en justice. « On n’en est pas encore là dans la réflexion, explique Serge Piteljon, le secrétaire national de la CGSP-Cheminots. Nous devons d’abord nous concerter avec nos collègues de la CSC-Transcom et voir également comment la Wallonie va réagir face à ce projet qui l’exclut quasi entièrement du trafic ferroviaire de marchandises. »

À la CSC-Transcom, Isabelle Bertrand, la permanente nationale, explique que le syndicat chrétien n’a pas encore défini sa position sur ce dossier sensible. Elle regrette déjà, toutefois, le choix de la SNCB « plutôt que celui visant la création d’opérateurs de proximité ». La syndicaliste fait allusion aux discussions qui étaient également en cours entre Logistics et les opérateurs économiques régionaux (Sogepa côté wallon, GIMV côté flamand) mais auxquelles les arguments du groupe financier ont été préférés.

À peine arrivé, Argos Soditic découvre l’univers dans lequel il vient de mettre pied et pour lequel la CGSP l’invite d’ores et déjà à s’imprégner de la culture de dialogue social. Pas certain que ce soit vraiment la priorité de l’investisseur…

Lire aussi blog20042015.pdf

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Retour en haut du site Belgique Monde Économie Sports Culture Opinions Techno Sciences et santé So Soir Soirmag Génération Demain la Terre Images Le choix de la rédaction Dossiers Archives Bourses Trafic Météo Programmes télé Club du Soir Nous contacter RSS Concours Les voyages du Soir La boutique SoSoir Petites annonces Annonces immobilières Gocar Faire-part et cartes de vœux Photobook Les OEuvres du Soir Toutes nos archives Gérer les cookies Rossel Rossel Advertising References Cinenews Out.be Passion Santé L'Echo SudInfo Metro Kotplanet.be Grenz Echo La Voix du Nord Vlan Rendez-vous En mémoire Sillon belge App Store Optimization Immovlan VLANSHOP