Le retour de la «zwanze» au Théâtre des Galeries

Après le succès du « Mariage de Mlle Beulemans », les Galeries reprennent l’autre pilier du patrimoine belge, « Bossemans et Coppenolle », répondant à une attente populaire phénoménale

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La « nostalgie mania » n’épargne aucun domaine, pas même le théâtre. Au Théâtre des Galeries, l’engouement populaire pour Le mariage de Mlle Beulemans la saison passée et pour Bossemans et Coppenolle cette saison en témoigne largement. « La pièce n’a pas encore commencé et on a déjà vendu des milliers de places, se réjouit David Michels, directeur du théâtre et metteur en scène de ce vaudeville increvable. Visiblement, il y a un besoin de retrouver ses racines, son terroir culturel, des personnages ancrés dans notre histoire belgo-belge. Les gens ont envie de retrouver ce qu’ils connaissent, ce qui rassure. L’attente est peut-être encore plus forte pour Bossemans et Coppenolle, que nous n’avons pas joué depuis vingt ans alors que Beulemans, nous le jouons au moins tous les dix ans. Et puis surtout, il y a une demande forte du public pour se divertir, pour le rire. Or, Bossemans et Coppenolle, c’est du divertissement pur, avec des portes qui claquent et tout. »

Les Roméo et Juliette bruxellois

Retour donc de la zwanze, cet humour typiquement gouailleur de Bruxelles, avec ses dialectes populaires, mélange de brusseleir ou de marollien. L’auteur de la pièce, Paul Van Stalle, la résumait comme une parodie bruxelloise de Roméo et Juliette, les Capulet étant les Molenbeekois et les Montaigu, les Saint-Gillois… à moins que ce ne soit le contraire. C’est l’époque où l’Union Saint-Gilloise et le Daring sont les grands du football belge, avec des supporters plus que fanatiques, à tel point que ces rivalités footballistiques risquent de ruiner les espoirs de bonheur de Georgette et de Joseph, les enfants de Coppenolle et Bossemans.

Ce qui a fait le succès de la pièce réside évidemment dans ses quiproquos, mais aussi dans des répliques devenues cultes : « Tu veux un Martini, Mussolini ? », ou encore « Monsieur Bossemans peut-être ? Monsieur Coppenolle, sans doute ». Mais aussi ces mots de Madame Chapeau (l’un des rares personnages du théâtre belge à avoir sa statue, rue du Midi, à Bruxelles) : « Je ne m’appelle pas madame Chapeau, ce sont les crapuleux de ma strotje (ruelle en brusseleir, NDLR) qui m’ont appelée comme ça parce que je suis trop distinguée pour sortir en cheveux ! »

David Michels connaît bien la pièce pour avoir travaillé dessus une première fois comme régisseur et une deuxième fois comme administrateur de tournée. « Il s’agit d’avoir un regard actuel sur une pièce de 1938, qui peut être datée avec des actes très longs et beaucoup de scènes assises. Garder l’histoire en 1938 est indispensable par rapport à l’intrigue. Il ne faut pas la moderniser, il faut la laisser dans son jus, mais il faut la dépoussiérer dans les décors ou les costumes. La dynamiser aussi, faire des coupures, l’alléger. »

Tonifier tout en restant dans la reconstitution fidèle. David Michels est même allé faire des recherches à l’Union Saint-Gilloise pour se renseigner sur des détails comme les fanions ou les coupes. C’est alors qu’il s’est rendu compte que 180 supporters du club avaient déjà réservé leur place. « On peut même dire qu’on surfe sur l’air du temps avec l’engouement retrouvé des Belges pour les Diables rouges. »

Pour achever le coup de jeune sur cette pièce du répertoire, la RTBF a prévu une captation vidéo pour remplacer son film en noir et blanc de 1967 et immortaliser ses jeux de mots (« un supporter insupportable ») et ses métaphores (« un homme seul, c’est comme un ministre sans portefeuille et comme un escargot sans caricole ! »).

Du 22 avril au 24 mai au Théâtre des Galeries, Bruxelles.

 

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