L’extension des Hauts-Sarts contestée

Faut-il encore gaspiller des terrains agricoles pour les transformer en parc d’activités économiques alors que la région liégeoise regorge de friches industrielles ou commerciales ?

La question est au centre de l’opposition tenace entre la SPI et les riverains du zoning des Hauts-Sarts. Mardi soir, plus de 200 personnes se sont une nouvelle fois opposées au projet d’extension de la zone 4 qui doit redonner de la capacité immobilière à un parc saturé. La SPI ne ménage pourtant pas ses efforts pour améliorer le projet. Cette fois-ci, pour la version remaniée, elle a mis l’accent sur les zones tampons et la reconfiguration des accès existants pour mieux canaliser la mobilité liée à l’ensemble du parc d’activités économiques qui concerne 383 entreprises et 9.400 emplois répartis sur 435 hectares.

La future zone 4 s’étend sur une superficie de 60 hectares dont 32 en zone d’activité économique mixte et 28 de zone d’activité économique industrielle au sein desquels 10 seront affectés à une zone paysagère d’isolement. Au niveau mobilité, « les aménagements autoroutiers initialement prévus seront postposés, au profit du réaménagement d’infrastructures existantes, principalement l’échangeur 34 sur l’E40 et la rue de Hermée. La voirie de contournement ne sera pas mise en œuvre », précise Anne Da Col, coordinatrice de projets pour la SPI. Autre grande modification apportée au projet initial : l’aménagement de la zone d’activité économique sera phasé. « Afin que l’exploitation agricole puisse se faire le plus longtemps possible, plus de la moitié des terrains ne seront pas concernés par l’extension avant 2022 », note Anne Da Col.

« La bonne nouvelle, c’est le reconditionnement complet du rond-point et de la sortie 34 à l’entrée de l’actuel parc des Hauts-Sarts », déclare Anne Jamblin, porte-parole du comité de riverains qui réunit près de 1.300 membres dont les agriculteurs concernés par la perte de terrains agricoles. « Pour le reste, nous continuons à remettre en cause le projet. Nous avons identifié plusieurs dizaines d’hectares inoccupés dans le zoning (lire ci-contre) et, plus largement, nous mettons sur la table les centaines d’hectares de friches industrielles qui existent en région liégeoise, à l’instar du site de Chertal. C’est pourquoi nous continuons à réclamer un moratoire sur l’industrialisation de terrains agricoles. »

Par ailleurs, le comité des riverains fustige l’environnement actuel du parc des Hauts-Sarts, ses nuisances environnementales, les bâtiments laissés à l’abandon tels les entrepôts de la société Weerts ou de Colgate Palmolive. « On nous avait présente des projets de plantations et d’aménagements des voiries pour 2,1 millions d’euros. On ne voit rien venir », poursuit Anne Jamblin. La SPI précise que ces travaux doivent commencer au mois de juin de cette année et que la procédure d’extension du parc va se poursuivre avec le dépôt de la demande permis et l’enquête publique. « Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout dans notre combat, déclare Anne Jamblin. Un recours en justice n’est pas exclu. Avant cela, nous voulons prendre le temps d’analyser en détail le projet remanié et sensibiliser le monde politique à nos arguments. »