Audi triomphe après 6 heures de sprint à Spa

L’Audi de Lotterer-Tréluyer-Fassler a remporté les 6 Heures de Spa devant deux Porsche. L’épreuve belge du Mondial d’Endurance a connu un joli succès populaire.

Journaliste au service Sports Temps de lecture: 4 min

C ’est pour vivre des courses comme celle-là qu’on fait du sport automobile ». Samedi soir à Francorchamps, le plus belge des Allemands, André Lotterer, ne cachait pas la joie qu’il partageait avec ses équipiers, le Suisse Marcel Fassler et le Français Benoît Tréluyer. Comme il y a trois semaines à Silverstone, le trio magique d’Audi a triomphé au sprint des 6 Heures de Spa, deuxième des huit manches du championnat du monde d’Endurance (WEC), dont on venait d’apprendre un peu avant l’arrivée qu’elle reviendrait à Francorchamps pour ces trois prochaines années au moins.

Une excellente nouvelle dont la foule nombreuse – les organisateurs annoncent 54.000 personnes sur les deux jours – ne pouvait que se réjouir. La course, considérée comme la répétition générale des 24 Heures du Mans, a une fois de plus tenu toutes ses promesses, et offert un spectacle grandiose sous un ciel clément. C’est au sprint que la victoire s’est jouée. Au sprint et sur un pari tenté par Audi en vue du drapeau à damier. Lors du dernier arrêt en effet, la marque aux anneaux a choisi de ne pas changer les pneus sur la R18 e-tron quattro alors pilotée par Tréluyer. Un coup de poker qui lui a permis de conserver 13 secondes d’avance sur la ligne d’arrivée par rapport à la Porsche 919 Hybrid du Français Romain Dumas, du Suisse Neel Jani et de l’Allemand Marc Lieb.

Dumas : « Frustré, mais confiant pour le Mans »

« On peut bien sûr refaire la course, et se souvenir notamment que lors d’un ravitaillement en huile on a perdu une quinzaine de secondes, ou que lorsque mon équipier Marc Lieb avait un train de pneus neufs, il aurait pu ou dû tuer la course, mais je pense qu’il convient surtout de féliciter nos rivaux qui ont fait une course exemplaire, bravo ! », s’exclamait Romain Dumas, à la fois beau joueur mais aussi frustré par ce résultat. Quoique… « On dit toujours que celui qui gagne à Spa ne gagne pas au Mans, donc moi ça me va », rigolait-il.

Il faut dire qu’au-delà de cette défaite, Porsche avait tout de même marqué l’épreuve en monopolisant les trois premières places de la grille de départ, et en mettant deux de ses voitures sur le podium, avec la 919 de l’Allemand Timo Bernhard, de l’Australien Mark Weber et du Néo-Zélandais Brendon Hartley arrivée à deux tours des vainqueurs. « C’est ça que je me dis, complétait Dumas. Notre voiture use effectivement un peu plus les pneus que l’Audi. Mais au Mans, ce sera moins pénalisant car nous pourrons surtout profiter des longues lignes droites pour faire parler notre puissance. Donc, comme je disais, je suis à la fois frustré, mais aussi très confiant pour la suite. »

Lotterer : « Ravi et optimiste pour le Mans »

De son côté, André Lotterer, une fois de plus auteur d’un double relais exemplaire, analysait les chances de la marque aux anneaux, dans un mois et demi au Mans (13-14 juin) : « C’est clair que Porsche a pris un avantage en terme de puissance et d’accélération, mais au Mans, ce n’est pas toujours le plus rapide qui gagne, disait-il. On l’a prouvé ici : si nous avions changé les pneus, nous aurions sans doute perdu la course. Au contraire, notre gestion de la course a été payante, et je suis encore plus heureux d’avoir remporté cette victoire, qu’elle tombe quelques jours après le décès du président du Belgian Audi-VW Club, J-G Mal-Voy, à qui je dédie cette victoire bien sûr. Bref, en repartant de Spa, mon circuit-fétiche, je me sens optimiste pour le Mans. Pas confiant, mais optimiste ! »

La cata chez Toyota

Un sentiment partagé chez les deux constructeurs allemands, à l’inverse de Toyota qui a totalement raté son week-end. Déjà larguée aux essais, la première TS040 (Wurz-Sarrazin-Conway) a fini 5e à 3 tours, alors que celle des champions du monde Buemi-Davidson, privés des services de Nakajima (vertèbre fracturée lors des essais libres de jeudi), a terminé à 14 tours des vainqueurs après avoir rencontré des problèmes mécaniques (accélérateur et problèmes électriques). Pas vraiment idéal dans la perspective du double tour d’horloge sarthois…

« Je pense qu’on vient de vivre l’un de nos pires week-ends, résumait Sébastien Buemi. Cela faisait très longtemps qu’on ne s’était plus retrouvé sur le podium. Au-delà des problèmes rencontrés en course, nous n’étions tout simplement pas assez rapides. Nous devons maintenant retourner à l’usine et trouver des solutions en vue du Mans. Bien sûr, nous allons donner le meilleur de nous-même. »

Reste à voir si ce sera suffisant, surtout quand on voit la démonstration offerte par Audi et Porsche à Spa...

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