Le 11h02: mères porteuses, «il faut avancer sur le cadre légal»

Se dirige-t-on vers un business des mères porteuses en Belgique ? Ce week-end l’association américaine « Men Having Babies » a vanté les mérites de la gestation pour autrui (GPA) de manière commerciale. Ann-Charlotte Bersipont a assisté au rassemblement à Bruxelles.

En quoi a consisté ce rassemblement ?

«  Men Having Babies » est une association américaine qui vise clairement les couples homosexuels masculins. Elle est venue en Belgique pour vanter leur système car en Amérique, la gestation pour autrui est totalement officialisée et les mères porteuses peuvent être rémunérées. L’événement a rassemblé beaucoup de personnes parmi lesquelles il y avait des intéressées mais également certaines qui étaient contre le système.

Qu’en est-il de la législation en Belgique ?

Il y a un flou juridique en Belgique : ce n’est ni interdit ni autorisé. Il y a différents types de situations : on peut avoir recours à une mère porteuse, à condition que celle-ci ne soit pas rémunérée. Cette GPA peut être autorisée lorsqu’un état de santé ne permet pas d’avoir une grossesse normale. Certains centres gèrent ces recours à des mères porteuses, d’autres pas, c’est au cas par cas. Il y a un flou juridique, il faut avancer sur le cadre légal même si le recours à la GPA reste marginal. En Belgique, on estime qu’en vingt ans, cinquante enfants sont nés de mères porteuses.

En Belgique y a-t-il des projets de lois quant à la légalisation de la GPA ?

Le Sénat a relancé le débat il y a peu. Il y a trois schémas possibles : l’interdiction totale de la GPA, la continuation du schéma actuel au cas par cas, ou une autorisation partielle sans rémunération de la mère porteuse. Ce sont les trois pistes de réflexion pour le moment.

Certains partis politiques se prononcent-ils sur la légalisation de la GPA ?

Le CDH est totalement contre le recours aux mères porteuses. Pour le parti, il s’agit d’une marchandisation du corps. Du côté du MR, on a réagi sur le fait que l’événement de ce week-end ait eu lieu dans un bâtiment qui est le siège du parlement bruxellois, ce qui d’après eux pose question. Certains partis de gauche ont également dénoncé la tenue de cet événement.

Peut-on parler de « mères porteuses, mères abandonneuses » ?

C’est la critique principale des opposants au système des mères porteuses. Ces personnes-là affirment que si la mère porteuse arrive à faire une coupure avec l’enfant, pour ce dernier, c’est plus compliqué. Ils reprochent qu’aucune place ne soit laissée au futur ressenti de l’enfant.