Une grande coalition belge unit ses forces contre le TTIP

Le projet de grand marché transatlantique fait office de repoussoir pour un grand nombre d’organismes, alors que l’Europe se réunit à nouveau sur le sujet jeudi.

Journaliste au service Monde Temps de lecture: 3 min

On finira par tenter de dénombrer les « pour », tant les rangs des opposants déclarés au TTIP grossissent !

Une vaste coalition d’organisations de la « société civile » belge a uni ses forces pour dire, lundi, tout le mal qu’elle pense du projet de Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement – le TTIP, selon l’acronyme en anglais. Cette coalition exige de « suspendre les négociations » en cours entre la Commission européenne et les Etats-Unis. Parmi les critiques : le risque de pertes d’emplois, le nivellement vers le bas des normes de protection des consommateurs, de l’environnement, des travailleurs, la menace de la « marchandisation » sur les services publics et d’intérêt général, l’harmonisation avec les Etats-Unis plutôt qu’entre Européens…

L’appel a été lancé hier par des organisations censées, au total, parler au nom de… beaucoup de monde, au nord comme au sud du pays : les trois syndicats, la coupole d’ONG de solidarité internationale CNCD-11.11.11, les mutuelles, Test-Achats, l’employeur du personnel des chemins de fer et les environnementalistes Greenpeace et Inter-Environnement. Il y a quinze jours, d’autres collectifs belges, dont le nouveau mouvement citoyen « Tout autre chose », son pendant flamand et des centrales syndicales, réclamaient déjà, plus radicalement, « l’arrêt immédiat » des négociations, arguant que « seule la haute finance et les lobbys des multinationales sont demandeurs de ce marché unique ».

L’ISDS sera « modernisé »

La Fédération des entreprises de Belgique veut effectivement « un bon accord commercial avec les Etats-Unis »  : voilà qui devrait conforter la timide reprise économique en Europe, estime l’organisation patronale, à l’unisson avec la Commission européenne – qui négocie au nom des 28 Etats membres de l’UE. Mais voilà que, dans La Libre de ce lundi, le directeur du centre d’études de l’Union des classes moyennes – qui représente les PME et donc l’immense majorité du tissu économique belge – doute aussi des bienfaits de l’accord. « A ce stade, les risques sont énormes » pour les PME francophones, dit-il, face à la déferlante de produits américains.

La coalition de ce lundi demande la suspension des pourparlers pour redéfinir le mandat de négociation délivré en 2013, par le gouvernement Di Rupo, pour la Belgique. Ce n’est pas gagné. Le gouvernement Michel a encore, le 29 avril avec ses homologues du Benelux, confirmé son « souhait d’achever les négociations rapidement ». Les sommets européens répètent la détermination des Vingt-Huit à conclure cette année : 2016 sera accaparée par la présidentielle américaine.

Les ministres de l’UE en charge du Commerce feront le point ce jeudi. Ils auront pris connaissance la veille d’une proposition de la Commission concernant l’ISDS, un mécanisme d’arbitrage des différends entre entreprises et Etats, très controversé. « C’est devenu l’acronyme le plus toxique en Europe », reconnaît la commissaire au Commerce Malmström. L’ISDS sera donc « modernisé », a-t-elle promis hier. Mais pas abandonné : il restera un véritable repoussoir pour les contestataires.

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