Emir Kir, le PS botte en touche

Son absence à la Chambre pour la minute de silence aux victimes du génocide arménien avait suscité la polémique. Emir Kir persiste à parler de « tragédie humaine » plutôt que de « génocide ».

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L’absence d’Emir Kir à la Chambre, le jeudi 30 avril, au moment de la minute de silence en hommage aux victimes du génocide arménien a fait couler beaucoup d’encre. Rapidement, le Parti socialiste avait réagi en expliquant que le bourgmestre de Saint-Josse serait convoqué par le secrétaire général du parti, Gilles Mahieu. Celui-ci a entendu, mercredi, les explications du député-bourgmestre socialiste. Finalement, aucune sanction n’a été prise de la part du PS à l’encontre d’Emir Kir.

Le parti se borne à rappeler dans un communiqué qu’« il (le parti) considère que les massacres programmés et les déportations organisées dont furent victimes les Arméniens constituent un génocide perpétré dans l’Empire Ottoman ». Et d’expliquer ensuite qu’« Emir Kir connaît la position de son parti, qu’il n’a d’ailleurs jamais remise en question ».

Pourtant, jamais le mot « génocide » n’est associé dans la même phrase au nom du bourgmestre de Saint-Josse.

Au mieux, ce dernier « reconnaît et déplore totalement cette tragédie humaine ». Pour rappel, Emir Kir a toujours refusé d’utiliser le terme « génocide », et ne semble donc toujours ne pas vouloir l’employer. « Je reconnais les faits de 1915 et leur gravité, je trouve normal que la Turquie présente ses condoléances. Je ne suis pas négationniste mais le mot que vous utilisez doit être cautionné par des historiens et des juristes. Si vous voulez y voir une divergence de vue avec mon parti, libre à vous. Pour moi, il ne s’agit que d’une question sémantique », nous expliquait-il lors de la préparation des commémorations du génocide arménien pour justifier sa position sur la question.

Dans son communiqué, le PS précise aussi que la députée bruxelloise Simone Susskind « entamera une série de rencontres pour surmonter les difficultés actuelles ». De quoi apaiser les tensions apparues après l’absence d’Emir Kir à la Chambre. Un épisode qui avait aussi fait parler de lui car il se produisait quelques jours à peine après une autre polémique du même genre. Au parlement bruxellois, trois députés socialistes d’origine turque (Sevket Temiz, Hasan Koyuncu et Emin Özkara) avaient tout fait pour essayer d’empêcher une minute de silence pour les victimes du génocide arménien.

Pour le PS, reconnaître un génocide « n’est pas montrer du doigt une communauté. La communauté turque de Belgique n’est évidemment responsable en rien de massacres perpétrés il y a 100 ans. Cette communauté est respectée dans notre pays et son apport est une richesse pour l’ensemble de la société ».

Pour rappel, Emir Kir n’était pas le seul élu d’origine turque à ne pas être présent à la Chambre lors de la minute de silence en hommage aux victimes du génocide arménien. Meyrem Almaci, la présidente de Groen, avait évoqué un problème d’agenda. De son côté, Veli Yüksel (CD&V) était malade alors que la députée SP.A Fatma Pehlivan n’avait pas souhaité commenter son absence.

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