Tentative de coup d’État au Burundi (les photos et vidéos)

Le général de l’armée putschiste a annoncé la fermeture des frontières et de l’aéroport de Bujumbura. La présidence affirme que le coup d’État a échoué.

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L’ESSENTIEL

– Le général de l’armée Godefroid Nyombare a annoncé la destitution du président du Burundi, Pierre Nkurunziza.

– Le président Nkurunziza, qui se trouvait en Tanzanie, a annoncé son intention de rejoindre Bujumbura. Peu après, le général Nyombare a ordonné la fermeture des frontières et de l’aéroport de Bujumbura.

– La présidence burundaise a très vite démenti tout « coup d’État », assurant que «  la situation est maîtrisée ».

L’annonce du putsch

L’ancien chef du service de renseignements burundais, le général Godefroid Nyombare, a annoncé mercredi la destitution du président Pierre Nkurunziza.

«  Le président Pierre Nkurunziza est destitué de ses fonctions, le gouvernement est dissous », a annoncé, sur les ondes de la radio privée Insaganiro, le général Nyombare, limogé en février par le chef de l’État après lui avoir déconseillé de briguer un troisième mandat jugé inconstitutionnel par ses adversaires politiques.

Le général Godefroid Niyombare a annoncé sa volonté d’une « reprise du processus électoral », au coeur de la crise auquel est confronté le Burundi.

« Il est institué un comité pour le rétablissement de la concorde nationale, temporaire et ayant pour mission entre autres le rétablissement de l’unité nationale » et «  la reprise du processus électoral dans un climat serein et équitable », a expliqué sur une radio privée le général Niyombare, ancien chef des renseignements burundais.

Le général Godefroid Niyombare a par la suite ordonné la fermeture des frontières terrestres et de l’aéroport de Bujumbura. Sur les ondes de la radio privée RPA, il a demandé «à tous les citoyens et aux forces de l’ordre de descendre à l’aéroport pour le sécuriser». Cette annonce intervient alors que le président Nkurunziza a quitté Dar es Salaam en Tanzanie, où il devait participer à un sommet régional sur la crise dans son pays, pour rentrer dans la capitale burundaise.

« Tractations » entre loyalistes et putschistes

Des « tractations » étaient en cours entre les militaires fidèles au président Pierre Nkurunziza et ceux du camp putschiste qui a annoncé la destitution du chef de l’Etat, a annoncé un haut gradé loyaliste.

« Il y a des tractations entre les deux camps pour trouver une solution qui préserve les intérêts nationaux », a déclaré cet officier supérieur, ajoutant que les deux parties étaient « d’accord pour ne pas verser le sang des Burundais ».

Des soldats fidèles au président burundais Pierre Nkurunziza ont tiré en l’air pour tenter de disperser des centaines de civils rassemblés pacifiquement devant les locaux de radio-télévision nationale à Bujumbura.

Les manifestants ont reculé de quelques dizaines de mètres mais restaient regroupés à proximité des locaux, protégés par des militaires et des policiers. « Ne tirez pas sur les gens. Tirez en l’air. Il faut tirer sur les objectifs militaires, pas sur les civils. Il faut protéger la radio-télévision nationale », a lancé un officier à ses hommes.

À l’annonce de la destitution du président Nkurunzia, une foule en liesse s’est réunie au centre de Bujumbura dans la capitale.

– > Témoignages de Belges au Burundi : « C’est la liesse populaire dans les rues »

La présidence dément

La tentative de coup d’État au Burundi « a échoué », a affirmé de son côté sur son compte Twitter la présidence burundaise.

« La situation est maîtrisée, il n’y a pas de coup d’État au Burundi », assure la présidence sur son compte officiel.

« Tentative de coup d’État échouée au Burundi », poursuit la présidence.

Le président Nkurunziza (photo) se trouve à Dar es Salaam pour un Sommet régional consacré à la crise ouverte au Burundi depuis le 26 avril par sa volonté de briguer un troisième mandat.

Les autorités burundaises ont interdit toute manifestation depuis que Pierre Nkurunziza a été désigné candidat à la présidentielle du 26 juin par son parti, le Cndd-FDD.

Les adversaires de M. Nkurunziza, élu en 2005 et réélu en 2010, jugent un troisième mandat contraire à la Constitution et aux accords de réconciliation nationale d’Arusha, qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue et récente guerre civile burundaise (1993-2006).

Des manifestants dans la capitale

Malgré l’interdiction de manifestation, la police a dû utiliser mercredi matin des gaz lacrymogènes et quelques tirs de sommation pour disperser quelque 300 manifestants opposés à un troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza. Les manifestants se sont rassemblés au coeur de la capitale Bujumbura.

C’est la première fois depuis le début de la contestation, le 26 avril, qu’un groupe de manifestants parvient à se rassembler en nombre sur la place de l’Indépendance, en plein centre-ville.

Un canon à eau est intervenu et des grenades lacrymogènes ont été lancées, notamment au milieu d’un groupe de femmes, pour tenter de les repousser, sans succès.

Une barricade, faite d’arbres et de pneus enflammés, a été érigée pour la première fois dans le centre-ville, sur un axe majeur rejoignant le nord de la capitale.

La Belgique veut arrêter « l’escalade de la violence »

>>> Lire aussi: Reynders sur la crise au Burundi: «Nous sommes en état d’alerte»

La Belgique « usera de tous les leviers dont elle dispose, aussi bien sur le plan diplomatique que dans la coopération au développement, pour arrêter l’escalade de la violence au Burundi et permettre aux Burundais de se prononcer sur l’avenir de leur pays à un moment où il n’y a pas de violence et où la population n’est pas mise sous pression », a expliqué jeudi le ministre de la Coopération, Alexander De Croo, à la Chambre.

Le ministre s’est montré prudent vu l’évolution incertaine du pays. «La situation évolue de minute en minute», a-t-il fait remarquer.

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