Les Belgo-Marocains plus diplômés que la moyenne nationale

Aujourd’hui sont publiés les résultats d’une vaste enquête de la Fondation Roi Baudouin sur les populations belgo-marocaine et belgo-turque. Paradoxaux, interpellants ou inquiétants, certains résultats questionnent.

1. Les jeunes Belgo-Marocains plus qualifiés que la moyenne belge. 40% des Belgo-Marocains possèdent un diplôme de l’enseignement supérieur. Soit un résultat légèrement supérieur à la moyenne nationale (36%, selon les chiffres 2013). Par ailleurs, la grande majorité des sondés ont fait des études en Belgique (75% des Belgo-Marocains et 86% des Turcs).

2. En moyenne 7 sondés sur 10 sont favorables au port du foulard à l’école et dans la fonction publique… Mais on trouve globalement le même pourcentage de Belgo-Marocains et Belgo-Turcs en faveur de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Cela peut sembler contradictoire. En réalité, il semble que pour ces populations le port du foulard n’est pas une atteinte à la neutralité de l’Etat mais davantage une atteinte aux droits individuels, comme le respect de la conviction de chacun.

3. Seul un sondé sur deux se sent considéré comme un Belge par les Belgo-belges. Tout est dit. Un sondé sur 6 va jusqu’à penser que ce n’est pas du tout le cas, qu’il n’est donc pas du tout considéré comme belge par le reste de la population « de souche ».

4. Des discriminations avant tout raciales. Pour 80% des sondés, le chômage et le racisme sont des problèmes très important. A noter qu’ils n’étaient que 15 à 20% lors d’enquêtes précédentes (2007 et 2009). 50% des Belgo-Marocains et 37% des Turcs disent avoir déjà été victimes de discriminations. Néanmoins, selon les sondés, ces discriminations sont principalement en lien avec leur origine ethnique (à 73%) puis avec leur couleur de peau, avant donc leur croyance ou leur tenue vestimentaire. De quoi questionner l’usage du terme « islamophobie »…

5. La pratique religieuse n’influence pas l’inclusion. Les chercheurs ont voulu observer si une pratique religieuse plus assidue avait un impact négatif ou non sur l’inclusion et la participation à la société. Ils n’ont cependant interrogé que deux indicateurs : le respect de la prière quotidienne et du jeûne. La recherche démontre qu’une pratique religieuse plus assidue n’a pas d’influence sur l’inclusion socio-économique, sur la participation politique, sur les valeurs identitaires ni sur le fait de se sentir davantage discriminé. Deux exceptions cependant : chez les Belgo-Turcs, le fait d’être plus pratiquants augmente la possibilité d’être plus éloigné des valeurs démocratiques et d’avoir un cercle d’amis plus exclusivement musulman.