Le Traité transatlantique divise Mons

Il n’y a pas d’accord PS-MR pour placer la ville d’Elio Di Rupo « hors TTIP ». Mais la semaine prochaine, il faudra voter.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 2 min

Ottignies, Watermael-Boitsfort ou Liège : de nombreuses villes et communes se déclarent « hors TTIP » depuis le début de l’année. Elles veulent ainsi marquer leur opposition aux négociations en cours entre l’Union européenne et les Etats-Unis à propos d’un futur traité international sur le commerce transatlantique. A Mons, comme souvent, les choses sont un peu plus compliquées : la majorité MR-PS n’est pas à l’unisson sur le dossier. Les libéraux sont favorables aux discussions en cours, les socialistes y sont opposés, le bourgmestre et président du PS Elio Di Rupo en tête.

Hostilité

Il y a deux mois, après une interpellation citoyenne portée par les jeunes de la CSC et deux motions « anti-traité » déposées par Ecolo et le CDH, le bourgmestre avait joliment encommissionné le problème. Il s’était engagé à tenir une séance ouverte aux élus et au public en présence d’un des principaux responsables des négociations pour l’Europe. Promesse tenue : mardi soir, devant quelques dizaines de personnes, Jean-Luc Demarty, le directeur général « Commerce » de la Commission européenne, a pris la parole à Mons pour présenter l’état des négociations et répondre à des questions presque unanimement hostiles.

« Le libre-échange, cela n’existe pas, le plus crapuleux l’emporte toujours sur le plus vertueux », a-t-on notamment entendu dans la salle où les craintes se sont largement exprimées sur les tribunaux arbitraux, l’avenir des services publics, les normes sanitaires et même le parcours de l’orateur, manifestement suspecté d’être un peu trop favorable aux textes en pourparlers.

Repli sur soi

Seul au monde, Jean-Luc Demarty ? Il a trouvé du soutien chez Georges-Louis Bouchez, le chef de file du MR à Mons, qui a dénoncé la frilosité des opposants et les effets néfastes du repli sur soi que ceux-ci défendraient, qu’il a comparé à celui qui anime Marine Le Pen en France, ce qui a provoqué un début de chahut. Mais au moins la position des libéraux est-elle claire…

Elio Di Rupo, lui, s’est contenté de présenter l’invité et de passer le micro aux intervenants. Son avis sur le traité est connu : il est contre, même si le gouvernement qu’il dirigeait a donné mandat en 2011 à la Commission pour le négocier. Après les échanges, il n’avait pas changé d’avis. Mardi prochain, le conseil communal devra voter. « Mons hors TTIP » ? Tout indique que la majorité PS-MR se déchirera sur ce coup-là.

 

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