300 millions d’euros pour la région liégeoise

Sur le milliard de fonds Feder débloqué ce jeudi (40 % Europe, 50 % Région, 10 % opérateur local), 300 millions d’euros concernent l’arrondissement de Liège, soit, en matière de rénovation urbaine, 125 millions pour Liège, 40,9 pour Seraing, 16,5 pour Herstal, 4,1 pour Flémalle et 3,2 pour Ans. Le reste concerne des projets de développement économique et de recherche comme Verdir (5 millions), le Giga (26 millions) au Sart Tilman ou encore le hub créatif développé au centre de Liège, place Saint-Etienne, par Meusinvest (11,5 millions). Ces montants comprennent la totalité des interventions publiques (Europe, Région, opérateur local).

Le partage du gâteau concerne uniquement des dirigeants socialistes : sous l’impulsion de Jean-Claude Marcourt, chaque homme fort reçoit sa part « grâce à la qualité des projets », ne manque-t-il pas de souligner. On est surpris au premier abord de la quantité de dossiers retenus, mais on se rend vite compte que nombre d’entre eux, à Liège surtout, ont vu leur montant de départ revu à la baisse, de 25 % parfois. « Rien n’est figé, s’empresse de signaler le ministre Marcourt. Il reste des réserves qui peuvent être mobilisées si un projet coûte plus cher que prévu. »

Liège. Le bourgmestre Willy Demeyer est amplement satisfait. La Ville va pouvoir rénover la Cité administrative en immeuble « zéro carbone » (efficience énergétique notamment) pour regrouper 700 agents de la Ville et du CPAS. Coût : 22,7 millions d’euros. A Bressoux, Liège Expo pourra construire de nouvelles halles d’exposition sur 20.000 m2, connectée au parking relais et au tram (si le dossier se débloque) pour un coût total de 35 millions d’euros. A cela s’ajoute la création d’un boulevard urbain sur l’autoroute E25 entre le pont Barrage et le pont Atlas et d’une connexion avec le parking relais et les nouvelles halles de Bressoux. Coût : 12,6 millions d’euros. A Coronmeuse, il n’y a pas encore de friche, à part l’ancienne patinoire. La Ville est cependant parvenue à faire reconnaître le site comme friche urbaine par la task Force et va pouvoir démolir les actuelles halles des Foires pour créer l’infrastructure publique (voiries, places, réseaux) nécessaire à la construction d’un écoquartier par le secteur privé dans le cadre d’une procédure de « dialogue compétitif ». Coût de ces assainissements et aménagements publics : 24,9 millions d’euros. Autre grand projet, sur une véritable friche cette fois-ci : les 4 ha de Bavière. La Province a acheté un quart du site pour 3,5 millions d’euros. Ville et Province prévoient d’y déménager la bibliothèque des Chiroux rebaptisée « Centre de ressources » pour la task force, en y ajoutant une pépinière pour entreprises créatives et une « maison de la création » (total : 28,5 millions) soit « des ateliers d’artistes pour faire du co-working culturel », explique le député provincial Paul-Emile Mottard. « Tout cela s’intègre dans un projet plus général avec le développement d’un projet privé mêlant kots pour étudiants et logements ainsi que l’arrivée de la faculté d’architecture. A terme, avec Saint-Luc et l’extension du Barbou sur le site Intermosane, on assiste à la création d‘un pôle étudiant en Outremeuse qui devrait idéalement être desservi par le tram. »

Seraing. Alain Mathot peut poursuivre la réalisation du Master Plan avec le projet Gastronomia (9,3 millions d’euros pour une reconversion de halles industrielles en centre commercial), un hub créatif (1,35 million), une passerelle entre les pôles de Trasenster et des ateliers centraux avec une liaison à la future ligne RER (5,2 millions), un parking mutualisé de 650 places aux ateliers centraux (7,9 millions) relié au RER ou encore la poursuite du boulevard urbain vers l’Est (8,4 millions) et l’Ouest (8,7 millions) où se trouve le HF6 prochainement démantelé. « Pour certains dossiers, nous avons déjà les permis », explique le bourgmestre.

Herstal. Le bourgmestre Frédéric Daerden peut compter sur l’amorce d’un réseau de chauffage urbain avec la construction d’un convecteur au sein de l’incinérateur de Herstal et une première boucle vers le site des Acec où sera développé le projet Verdir (culture de plantes tropicales pour l’industrie pharmaceutique). Coût : 12,7 millions d’euros. Le reste est réparti dans trois petits projets : une maison des associations dans l’ancienne gare de Marexhe, la réfection d’une place à Vottem et un parc urbain sur le site Browning, près de la place communale.

Flémalle. La bourgmestre et ministre Isabelle Simonis a obtenu deux dossiers liés à la réfection des routes de Flémalle-Grande et Flémalle-centre. Coût : 4 millions d’euros.

Ans. Stéphane Moreau, le maïeur, voit le financement d’un écoquartier à Loncin et la valorisation économique du château de Waroux. Coût : 3,2 millions d’euros.

Une partie non négligeable de ces projets est liée à une réflexion globale en matière de mobilité à l’échelle métropolitaine qui intègre un futur RER ou le tram. Or, ce dernier projet est actuellement bloqué par l’Europe et son organisme Eurostat. A entendre le bourgmestre Demeyer, le projet va devoir être « remanié » en réaffirmant le tracé initial Seraing-Liège-Herstal.