Colruyt: un centre logistique flambant vert

L’investissement : 79 millions d’euros. Pour un centre de distribution, un magasin de préparation et un centre de retour. Les 500 emplois pourraient être doublés.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 5 min

Vert. C’est le premier mot qui décrit la nouvelle implantation du groupe Colruyt à Ollignies, entre Lessines et Ath, à l’ouest du Hainaut. Le bâtiment, fruit d’un investissement de 79 millions (dont 15,37 millions de subsides), abritera un centre de distribution, un magasin de stockage et de préparation entièrement automatisé, ainsi qu’un centre de retour. Il a été inauguré ce vendredi matin.

Vert et pas seulement parce que lové au cœur du pays vert athois. En effet, le groupe Colruyt l’a voulu résolument écologique, malgré les 250 camions quotidiens qui en sortent, à destination des 470 magasins du groupe et des 500 enseignes affiliées. Ainsi les installations sont bordées d’un champ de fleur de 32.000 m2 et d’un hôtel à insectes, elles sont recouvertes de 1.544 panneaux solaires, d’une citerne récupérant l’eau de pluie et elles accueilleront prochainement une éolienne d’une puissance de 2 mégawatts.

Impressionnant est le second substantif qu’inspire ce centre, tant les chiffres qui le résument sont importants. Le bâtiment de 37.000 m2 se décompose en trois parties. Dans le centre de distribution classique (23.000 m2), Colruyt a regroupé les marchandises qui, dans ses magasins, nécessitent les réassorts les plus fréquents : boissons, lait, chips, papier toilette, essuie-tout, serviettes… Le reste du stockage du groupe est partagé entre Ghislenghien (lessives, aliments pour animaux, alcools, vins, café) et Hal (fruits et légumes). L’idée est de permettre aux camions desservant les plus grands magasins de partir directement d’Ollignies, sans devoir passer par les deux autres sites tout proches, tout en limitant la distance à parcourir pour les véhicules qui doivent être achalandés sur les trois sites. « Nous livrons aujourd’hui ce qui a été vendu hier, en tenant compte de ce qu’on vendra aussi demain, en fonction des saisons », résume Jan Derom, porte-parole du groupe.

A côté, le magasin (5.000 m2) permet de stocker les palettes de produits sur 11 niveaux et de préparer les marchandises à acheminer vers les magasins du groupe. La zone de stockage est automatisée. Près de 30.000 palettes peuvent y être stockées, tandis que 200.000 colis sont traités en moyenne chaque jour. Malgré cette importante automation, le bâtiment abrite déjà 500 travailleurs, un chiffre qui pourrait à terme être doublé, annonce les dirigeants de Colruyt. Une partie de ces emplois est d’ailleurs localisée dans le centre de retour (9.000 m2), où reviennent vidanges, cartons et emballages à recycler.

« Ce bâtiment est le symbole de l’importance de la logistique dans notre secteur, observe Dominique Michel, CEO de Comeos, la fédération du commerce. C’est un métier pour lequel nous sommes bien situés, même si nous avons des désavantages par rapport à nos voisins en matière d’organisation du travail et de coûts salariaux. Et la Wallonie devrait miser sur des pôles logistiques destinés à livrer les pays voisins, afin de profiter du succès de l’e-commerce. C’est un défi qu’elle doit relever. »

Jef Colruyt: « Il reste de la place en Belgique pour 30 à 40 Colruyt »

La fierté du devoir accompli. » Jef Colruyt ne boudait pas son plaisir, vendredi matin, en inaugurant le nouveau centre logistique que le groupe éponyme vient d’implanter à Ollignies, à la frontière de Lessines et d’Ath. Un projet que le CEO a voulu résolument « durable », comme pour excuser les allées et venues des camions sur ce centre névralgique de l’architecture belge de l’enseigne.

La logistique est-elle devenue un enjeu stratégique pour la grande distribution ?

Bien entendu. Celui qui est le plus efficace dans toute sa chaîne de distribution à long terme est le vainqueur et acquiert un avantage stratégique. Bien sûr, il faut soigner le marketing mais maîtriser le coût de toute la chaîne de distribution est essentiel. Remplir un camion à 95 % ou à 65 %, cela fait une grosse différence au bout d’une année. Et cela a un impact sur l’environnement, aussi.

L’écologie semble d’ailleurs très présente dans votre projet…

Oui. Nous avons ici 30.000 m2 de fleurs. Nous allons récupérer l’eau et la chaleur. Le bâtiment est équipé de panneaux solaires. C’est un investissement de durabilité qui est, comme toujours, un investissement économique. Car la nature est économique : elle réagit et récupère tout ce qu’elle peut. Elle est efficace. Notre activité économique doit donc s’inspirer de sa sagesse.

Pourquoi avoir choisi la Wallonie pour vous développer ?

C’est historique. En 1992, nous avons voulu implanter un autre centre à Hal mais cela s’est avéré trop complexe. Nous avons alors rencontré Guy Spitaels et opté pour Ghislenghien. Et depuis, en Hainaut, cela fonctionne très bien. C’est pourquoi nous avons choisi d’y localiser ce nouveau centre logistique car il était important pour nous que nos trois centres ne soient pas trop éloignés afin de pouvoir communiquer entre eux. De la sorte, un camion qui part vers un de nos magasins, peut charger de la marchandise dans chacun de ces trois centres sans devoir parcourir trop de kilomètres.

Ollignies achevé, quels sont vos prochains projets ?

A Malines, nous venons également de terminer un entrepôt qui représente un investissement de 80 millions, pour le retail partner Spar. A Hal, nous avons inauguré un centre de préparation de la viande et de la charcuterie. Cela représente également un investissement de 80 millions. Et le planning de nos investissements se chiffre entre 350 et 400 millions d’euros pour les trois prochaines années. Comme vous le constatez, nos bénéfices sont réinvestis.

Vous projetez également l’ouverture de nouveaux magasins ou le marché belge vous paraît-il saturé ?

Non, il reste de la place sur le marché national pour de nouveaux magasins, 30 à 40 Colruyt environ, ainsi que pour des rénovations et des ouvertures de Bio Planète et de Spar.

Le rapprochement esquissé entre Delhaize et Ahold, cela vous inquiète-t-il ?

Il faut attendre. En général, ce genre de discussions se déroule en secret. Le fait que celles-ci soient devenues publiques ne les rend pas plus faciles. Attendons donc que cela se concrétise. De plus, Delhaize comme Ahold réalise leurs gros volumes sur les Etats-Unis. C’est surtout le marché américain qui sera touché par un éventuel rapprochement

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