Koen Geens: «Le CD&V est le garant de la paix sociale»

Invité du Grand Oral La Première Le Soir, le ministre de la Justice Koen Geens dresse un bilan des sept premiers mois de gouvernement.

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Invité du Grand Oral La Première Le Soir, le ministre de la Justice Koen Geens dresse un bilan des 7 premiers mois de gouvernement. L’histoire retiendra, dit-il, que ce gouvernement atypique est parvenu à obtenir une paix sociale dans un contexte difficile. Mais il ajoute aussi que si les syndicats ne sont plus dans la rue, c’est grâce au CD&V. L’autre chantier que l’histoire retiendra sera le virage fiscal. Koen Geens estime que le gouvernement pourra aboutir sur cet enjeu crucial dans le courant du mois de juillet. Les discussions s’annoncent difficiles entre partenaires et la meilleure attitude à observer pour l’instant, pense-t-il, est celle de se taire.

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Le terme « kamikaze » est oublié

Le ministre de la Justice estime que ce gouvernement est à présent sur ses rails. Il reconnait que ce n’était pas gagné et rappelle qu’au départ on évoquait une coalition kamikaze. Aujourd’hui, le terme est oublié, dit-il, et il salue l’audace des deux jeunes présidents de partis de l’époque, Wouter Beke et Charles Michel.

« La réussite actuelle démontre qu’ils ont eu raison. Ce gouvernement est un exemple de créativité dans le monde politique. C’était une innovation sans précédent. Institutionnellement, on savait que c’était possible mais on pensait qu’au niveau de l’équilibre ça n’allait pas tenir. Je crois que la contribution de notre parti, à la réussite et au démarrage de ce gouvernement, a été de contribuer à la paix sociale, aussi du côté francophone du pays. Dans cette mesure, nous avons passé un premier cap très important. Les problèmes de mésentente au sein du gouvernement, s’il y en a, ne se trouvent pas, en tous cas, du côté MR. Ce serait plutôt entre les partis flamands. Mais au-delà des chamailleries, ce que l’histoire retiendra c’est que nous sommes parvenus à maintenir une relative paix sociale. »

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Un tax shift pour le mois de juillet ?

Un tax shift pour le mois de juillet, c’est ce qu’annonce le Premier ministre Charles Michel. Koen Geens estime, lui aussi, que cet agenda est réaliste, mais il entrevoit des discussions difficiles entre partenaires.« Le virage fiscal doit répondre à deux objectifs : diminuer les charges sociales des entreprises, d’un côté, et obtenir une plus grande justice sociale, de l’autre. Concilier les deux objectifs sera extrêmement difficile. Mais au CD&V nous veillerons à ce que ces 2 objectifs soient rencontrés, c’est important pour maintenir la paix sociale. Pour l’instant, on ne peut dire autre chose que décrire ces deux objectifs. Nous devons aboutir à une réforme ambitieuse et la meilleure façon d’y arriver c’est de ne plus rien dire sur le sujet. »

Quel sera le montant de cette réforme fiscale ? Les employeurs l’estiment à 7 ou 8 milliards ?

« Je ne prononcerais pas de montant parce que ça ne dit rien aux gens. Mais si nous parvenons à réduire les charges sociales des entreprises à 25 %, si on y parvient sous cette législature, on aura fait quelque chose de remarquable. »

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Marie-Christine Marghem n’a pas commis de faute

Interrogé sur l’attitude de la ministre de l’Energie, Marie Christine Marghem, accusée d’avoir caché un avis du Conseil d’État dans le dossier de la relance des centrales de Doel 1 et 2, Koen Geens estime qu’il n’y a pas eu de faute : « Je la connais bien, c’est une femme honnête, forte, qui exécute la politique gouvernementale de manière loyale sur un terrain difficile. Elle a la confiance du gouvernement, le Premier ministre l’a encore rappelé il y a quelques jours. Quant à savoir si elle a commis une faute, ce n’est pas à moi à en juger, mais pour ma part non ».

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Des auditions par vidéo-conférence

Koen Geens confirme que le gouvernement poursuivra le projet de construction d’une nouvelle prison ultra-moderne à Haren. Qualifié de « village pénitentiaire », le projet suscite une vive opposition de la part des riverains et essuie aussi quelques critiques de la part des professionnels du secteur carcéral. « C’est la seule alternative. Je prends les choses dans la continuité. Il y a eu un investissement hors du commun pour ce projet. Nous attendons encore les résultats des enquêtes publiques, mais une chose est sûre : nous ne pouvons plus fonctionner avec les prisons de Forest, Saint-Gilles et Berkendael. Il faut calmement gérer ce projet dans la continuité. »

La distance entre le Palais de justice et la future prison risque de poser des problèmes en termes de déplacements et de sécurité. Vous allez demander aux juges d’auditionner en prison ?

« On essaye d’innover. Vous l’avez certainement lu dans le « plan justice ». Nous devons nous pencher sur la question des plaidoiries, en détention préventive, dans les environs des prisons. Les transports de détenus nous coûtent effectivement des sommes énormes, ils sont fort inefficaces et assez dangereux. Je n’impose rien pour l’instant. La vidéo-conférence ou les plaidoiries dans les environs de la prison, en conformité avec les droits de l’homme, je sais que ça sera compliqué, mais nous devons y réfléchir. Il faudra revoir notre copie quant à tous les préjugés que nous avons en cette matière. »

Enfin, interrogé sur la démarche de Christian Panier qui a choisi d’accueillir et de louer un appartement à Michelle Martin, Koen Geens se dit « fort séduit par la démarche humaine » de l’ex-magistrat.

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