Luxembourg: Vivalia 2025 ou plan bis, le débat a eu lieu

Le projet arlonais peu suivi et des élus peu loquaces

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 5 min

Arlon et les communes de son arrondissement, seules contre tous ? C’est un peu le sentiment que l’on a perçu mercredi soir à Bertrix, lors d’une importante assemblée générale de Vivalia, destinée à présenter le plan bis des Arlonais (le plan De Wever) et à le confronter au plan Vivalia 2025.

Ce sont surtout les médecins de Marche, Libramont, et même certains d’Arlon, qui sont montés au créneau alors que d’autres médecins des CSL a priori peu favorables à Vivalia 2025, sont restés muets. Comme la plupart des élus d’ailleurs, comme s’ils avaient peur de donner publiquement leurs opinions… S’il y avait du monde, on a toutefois noté quelques absences de marque : les députés Lutgen, Arens, Piedboeuf, le Dr Deworme, le président du conseil provincial Jean-Marie Meyer.

1 Craintes. D’emblée, le bourgmestre arlonais Vincent Magnus est monté au créneau. « Vous pouvez comprendre nos craintes, dira-t-il, avec un bassin de vie de 110.000 personnes qui se retrouverait avec une polyclinique, sans maternité et service d’urgence. C’est impossible à imaginer une seule minute ! D’autant plus qu’on a un hôpital qui fonctionne, qui est même bénéficiaire et a toujours joué la carte de la solidarité envers les autres sites de Vivalia. Quand nous sommes entrés dans l’intercommunale Vivalia, on nous avait dit qu’il y aurait des hôpitaux de qualité, de proximité, sans absorption. On nous reproche aujourd'hui d'être dans la critique, la contestation régionaliste. Voilà donc notre étude fiable, le plan bis, technique et financière. Ce qui est proche des patients, il faut le laisser là. »

2 De Wever. Ce plan bis, présenté par le professeur De Wever, est de fait à l’opposé de la vision du projet Vivalia 2025.

Il prône le futur sur trois sites (Arlon, Marche et Libramont), Bastogne et Virton se spécialisant dans des domaines utiles à l’ensemble de la province (pharmacie centrale, revalidation, etc), tout en gardant certains services spécifiques d’hôpital de jour.

Vivalia 2025, c’est par contre un nouvel hôpital Centre-Sud dit de référence, d’environ 600 lits, et un hôpital aigu à Marche. Le reste devenant des polycliniques.

Pour Alain De Wever, « un grand hôpital en dehors d’une ville est un système dépassé. On va vers une grosse activité médicale de jour, des soins déambulatoires, orchestrés avec la médecine générale. La ministre De Block n’est d’ailleurs pas favorable à ce concept de grands hôpitaux qui cassent la proximité. Il faut trois hôpitaux généraux avec des spécialisations par site. »

3 Avis contradictoires. A l’opposé, le directeur médical Jean-Bernard Gillet estime que « Vivalia 2025 permet de concentrer toutes les activités médicales sur un seul site, ce qui est nécessaire avec le vieillissement de la population. Un patient qui a un problème peut être soigné sur place pour un autre problème et par un autre spécialiste. Et si on est sur un seul site, cela fédère les médecins. » Le Dr De Wever insiste sur « le déambulatoire, les séjours de plus en plus courts en clinique. On va vers une hospitalisation à domicile et le nombre de lits doit diminuer : – 10.000 en Belgique. La chirurgie se fait de plus en plus en hôpital de jour. » Il prône une réforme de la gestion de Vivalia : « Actuellement, il n’y a pas d’association de services médicaux sauf en radiothérapie, pas d’unification du statut médical, pas de professionnalisation de la structure de gestion et d’intégration de médecins. Il faut réorganiser et uniformiser les services médicaux en multi-sites, avec un chef de service. Tant que l’unification ne sera pas faite, les sites resteront concurrents. »

4 Finances. Là aussi, les deux projets s’affrontent. 369 millions d’un côté, 137 millions pour le plan bis. Si le ministre Prévot a dit attendre un choix du C.A de Vivalia pour voir ce qu’il pourra affecter au Luxembourg, certains restent méfiants sur les réelles possibilités de financement de la Région. Et les associés (Province et communes) devront de toute façon mettre la main au portefeuille, mais plus dans un cas que dans l’autre. Mais dans les 369 millions, on ne compte pas les aménagements annexes (mobilité, services complémentaires, etc). Personne n’en parle en tout cas.

5 Proximité. Elle est balayée par le directeur général Yves Bernard qui estime que « les patients suivent leurs médecins et que pour leur santé, la distance ne compte pas. Molinfaing n’est plus à l’ordre du jour, l’hôpital devrait se construire entre Léglise et Habay. Pour les gens de Virton, c’est plus proche qu’Arlon, et pour les Arlonais, c’est aussi proche que Luxembourg. » Mais Vincent Magnus insiste : « Plus un hôpital s’éloigne de son bassin de vie, plus il perd de son attractivité. A Molinfaing, dont je persiste à croire que le positionnement n’est pas enterré, des patients d’Arlon n’iront pas, encore moins ceux d’Aubange et de la France voisine dont personne ne tient compte. »

Et de reprendre les données chiffrées de Vivalia 2025 : « l’attractivité est de 84 % dans l’arrondissement d’Arlon pour son hôpital. Si vous prenez Martelange, on descend à 68 %, et si on prend des communes comme Manhay, Gouvy, Vielsalm, elle tombe même à 22 et même moins de 10 %. ! Le nouvel hôpital, éloigné de tout, ne sera pas rentable ! »

Voilà, les dernières semaines avant décision vont être cruciales et ne feront pas l’unanimité. Quoi qu’il en soit, il y aura désaccord et une immense déception.

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