Luxembourg: moins de tabac, mais danger «chicha»

C’est la 4e enquête que réalise l’Observatoire, qui remarque une diminution du nombre de fumeurs. Mais les inquiétudes concernent les ados de 12 ou 13 ans, et de nouvelles consommations (chicha et cigarette électronique).

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

A l’occasion de la journée sans tabac de ce 31 mai, l’Observatoire de la santé de la province de Luxembourg a présenté les résultats de la 4e enquête auprès des jeunes sur cette thématique. Un sujet élargi depuis 2010 à la consommation de la chicha et du cannabis, mais aussi de la cigarette électronique qui prend une ampleur relative mais dangereuse alors qu’il y a un mieux côté tabac.

Pour la députée Nathalie Heyard, « le tabagisme reste une priorité de santé publique, d’où cette enquête qui permet d’adapter la prévention et la sensibilisation. Ainsi, la précocité de l’expérimentation est un facteur de risque important pour l’installation durable de la consommation et il s’avère que désormais, plus encore qu’hier, l’âge de 12-13 ans est une époque charnière où certains commencent à fumer. Il faut donc que nous adaptions la sensibilisation dès la 5e ou 6e primaires et non plus au seul degré du secondaire, et également plus travailler sur l’estime de soi ».

« En effet, l’enquête révèle que quatre “vapoteurs” sur dix sont fumeurs et 30 % sont des fumeurs d’essai, note Michaël Demelenne, premier directeur et psychologue-tabacologue. Plus inquiétant, 15 % des jeunes qui ont essayé la cigarette électronique sont des non-fumeurs alors qu’elle est avant tout un substitut d’aide à l’arrêt. Nous n’avons pas assez de recul pour savoir si elle est capable d’induire une dépendance chez les non-fumeurs, mais c’est interpellant, d’autant qu’un certain nombre ignorent la présence éventuelle de nicotine. Un autre constat concerne la chicha puisque neuf fumeurs sur dix en ont déjà fait usage. Or, ces consommateurs-là ne se rendent pas souvent compte des effets dangereux sur la santé, beaucoup pensant qu’il s’agit de fumées propres. C’est tout le contraire ! »

L’influence du tabagisme parental

L’étude a en tout cas ciblé 2.965 adolescents, tous réseaux confondus. « Entre 2000 et 2015, on constate une diminution de moitié de la prévalence tabagique, note Sophie Mahin, chargée de projets à l’Observatoire. On passe de 32 à 16 %. Idem pour les fumeurs à l’essai. En 2015, plus de la moitié des jeunes sont non-fumeurs. »

Parmi les fumeurs, la majorité consomme des cigarettes manufacturées, avec une moyenne de 9 cigarettes par jour pour 11 en 2000. Un léger mieux, sans plus. Le fumeur du « noyau dur » se situe lui à 13 cigarettes/jour en moyenne. Quant à la dépendance tabagique, elle évolue fortement entre 15 et 17 ans, et deux tiers des fumeurs quotidiens sont dépendants.

Signalons aussi que près de la moitié des fumeurs consomment des cigarettes roulées, plus nocives que les manufacturées, faute de filtre. Dernier constat « tabac » : la courbe dominante de consommateurs féminins semble désormais s’inverser pour les garçons.

Autre influence notoire : le tabagisme parental a une influence incontestable sur les jeunes, même si l’enquête pointe une diminution de la consommation des parents depuis 2005. Mais le facteur le plus dangereux est le meilleur ami.

Pour la chicha, l’Observatoire tire la sonnette d’alarme car quatre jeunes sur dix ont essayé de la fumer, sans trop savoir ce que ce produit contient.

Quant au cannabis, parmi les fumeurs de tabac, deux tiers en ont déjà consommé. Et un sur cinq pour l’ensemble des jeunes.

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