Mais où est passée la grande réforme fiscale?

En campagne, les partis rivalisaient d’ambition pour changer le système fiscal. Aujourd’hui, il n’en reste plus grand-chose. Nous avons comparé les programmes à la situation d’aujourd’hui.

Chef du service Politique Temps de lecture: 2 min

Le gouvernement s’attelle actuellement au fameux tax shift, le glissement fiscal que souhaite le gouvernement pour limiter les charges sur le travail et les compenser par d’autres sources de revenus. Mais ces derniers jours, les propos des présidents et ténors de partis laissent songeur : pas de nouveaux impôts pour le VLD, pas de taxation des voitures de société pour la N-VA, ni de nouveaux prélèvements sur l’immobilier. Et pas d’impôt sur les plus-values. Il y a davantage d’ouverture du côté du MR et du CD&V, avec de possibles taxes sur la spéculation, sur les comportements polluants, ou encore sur la consommation, voire une hausse de la TVA. Mais les idées des uns sont contrées par les refus des autres, et la grande réforme fiscale attendue semble devoir accoucher d’une souris. Est-ce vraiment le cas ? Pour mesurer au juste l’importance de cette baisse d’ambition, nous avons comparé les programmes des partis avec les intentions exprimées ces derniers jours, alors que la négociation est en cours.

Résultat : ces ambitions ont été largement revues à la baisse. Soyons honnêtes : nous n’en sommes qu’au début de la législature. Actuellement, on serait surpris que le tax shift de cet été prenne des proportions importantes. Mais les partis peuvent parfaitement augmenter la cadence dans les mois et années qui viennent. Mais à ce jour, des projets tels que la révision des barèmes fiscaux, voulus par de nombreux partis, reste lettre morte.

D’autre part, des pressions extérieures sont à l’œuvre pour éviter les grandes manœuvres. Ainsi, ce jeudi, la Fédération des entreprises de Belgique a donné les grandes lignes de ce qu’elle voudrait. Elle demande un tax shift limité à trois milliards. Et rejette l’idée d’un impôt sur les plus-values. « Si l’on taxe les plus-values, il faut accepter la déductibilité des moins-values. Des calculs démontrent que l’introduction d’une telle taxe au cours des 15 dernières années n’aurait presque rien rapporté au Trésor public », écrit Pieter Timmermans, l’administrateur délégué de la FEB. Mais les patrons demandent quand même un tax shift raisonnable.

Le gouvernement va à présent devoir tenter de réconcilier les promesses électorales et les intérêts divergents en jeu.

Notre revue des partis (en édition abonnés)

Le VLD plus modeste qu’en campagne

La N-VA est constante dans son refus des impôts

Le CD&V maintient ses engagements (en partie)

Le MR ne sort plus l’arsenal de campagne

 

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