Luc Mathieu remporte le prix Albert Londres en presse écrite

Les Prix Albert Londres 2015 ont été remis ce samedi après-midi à Bruxelles aux journalistes français Luc Mathieu (prix presse écrite), Cécile Allegra et Delphine Deloget (prix presse audiovisuelle). Le premier a été distingué pour une série de reportages sur la Syrie, l'Irak et le Kurdistan, publiés dans le quotidien « Libération ». Et nos deux consœurs, pour un reportage télé sur les trafics d'êtres humains dans la Corne de l'Afrique, diffusé sur Public Sénat.

Les Prix ont été décernés au cours d'une cérémonie tenue au Palais des Académies, à Bruxelles, en présence notamment de nombreuses personnalités belges. Le jury des Prix Albert Londres est en visite en Belgique depuis jeudi, et c'est dans les locaux du « Soir » qu'il avait délibéré, jeudi soir. C'est la première fois depuis qu'elle a été créée, en 1933, que cette distinction - qui salue l'excellence dans le grand reportage journalistique - était remise à Bruxelles. Le Prix pour la presse audiovisuelle en est, quant à lui, cette année à sa 31e édition.

Au cours de la cérémonie, Annick Cojean, la présidente de l'Association du Prix Albert Londres, a déclaré: « Le grand reportage, c'est le journalisme debout, le fondement du journalisme. » Elle a rendu hommage à tous les journalistes tombés au cours de cette « année Charlie ». Et elle a aussi appelé les journalistes belges (de moins de 40 ans) à se présenter aux prochaines éditions du Prix...

Les textes du lauréat

► Farad Ahmad. Il ne (Sy)rie plus, 11 novembre 2014

Les oiseaux ne chantaient pas cet après-midi-là, sur la colline d’Atareb, dans le nord de la Syrie. Il faisait froid, il pleuvait, c’était le 15 ou le 16 janvier dernier, se rappelle aussi Farad Ahmad (1). Ses ravisseurs d’Al-Qaeda l’avaient forcé à s’agenouiller, tête cagoulée et mains liées dans le dos.«Je me suis vu mort, j’ai senti que j’étais mort.»

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► A Tal Brak, les hommes de l’EI ont « fui comme des souris », le 7 mars 2015

Même morts, les jihadistes de l’Etat islamique (EI) stupéfient Hajar. Il ne peut s’empêcher de regarder les photos de leurs cadavres sur son téléphone mobile. Il les a prises le 1er mars, après la bataille de Tal Brak, un village du Kurdistan syrien perdu au milieu des champs de coton et de houblon. Les clichés défilent ; il s’attarde sur l’un, zoome sur un autre, revient en arrière.«Celui-là, c’est un Turc qui s’était accroché un Coran autour du cou. Et les deux, là, c’étaient des Pakistanais. Ils étaient habillés tout en noir, même leurs sous-vêtements étaient noirs.»

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► Les chrétiens du Kurdistan en première ligne malgré eux, le 13 mars 2015

C’était un début d’après-midi ensoleillé, Sergon venait de se réveiller et il n’était pas de bonne humeur. «C’est à cause de Daech. Chaque nuit ou presque, ils nous attaquent. On ne dort plus que quelques heures, le matin. On vit comme des chauves-souris», soupirait-t-il en se grattant la barbe. Des cinq combattants chrétiens qui l’entouraient, seul un semblait plus fringant. C’était Abou Achar, un mécanicien moustachu de 55 ans. Il s’était enrôlé quelques heures plus tôt dans la brigade des Gardes de Khabour à Tal Mras, un hameau du Kurdistan syrien.

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►«Nous, chrétiens, ne pouvons plus vivre ici», le 5 août 2014

L’affiche aux couleurs kitsch est accrochée à l’entrée de la salle des fêtes de l’église Saint-Georges, dans le centre de Bagdad. On y voit un cavalier en armure et au panache rouge qui plante sa lance dans la gueule d’un dragon vert et hargneux. Leith, un chrétien de 20 ans, étudiant en littérature anglaise, la regarde avec un sourire admiratif. Il lit la phrase écrite en haut de l’affiche :«Saint Georges, tu nous as donné le pouvoir d’écraser les scorpions, les serpents et tous nos ennemis.»

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► «Je pourrais commettre un attentat en France», le 13 octobre 2014

Abou Khalil est d’autant plus inquiétant qu’il semble normal. Ce samedi soir, il se promène, nonchalant et souriant, en jean et baskets, dans les rues de Mersin, sur le littoral turc. Il a les cheveux courts et une barbe si fine qu’on la distingue à peine.«Je prendrai une bière, s’il vous plaît», dit-il au serveur d’un café du centre-ville. «Non, c’est une blague, mettez-moi un jus d’orange», ajoute-t-il aussitôt en riant.

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►Wadha et Ibrahim Abdhalla: affreux, sales et marrants, le 23 mars 2015

Que reste-t-il, sinon l’humour, lorsque l’on a tout perdu ? Wadha Abdhalla a 41 ans, mesure un bon 1,70 mètre et fume cigarette sur cigarette. Si elle ne portait pas un chemisier léopard et une robe en velours violet, on pourrait la prendre pour un homme. Ibrahim, son mari et par ailleurs cousin, a 48 ans, mesure 1,10 mètre et plisse sans arrêt les yeux. «Il est à moitié aveugle. Il est handicapé, il ne sert à rien», se moque Wahda. «Oui, c’est vrai», répond Ibrahim, tout sourire et nullement vexé.

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