La Wallonie veut la fin du Roundup

En mars dernier, 17 experts du Centre international de recherche sur le cancer (l’IARC qui dépend de l’OMS) ont examiné cinq substances actives contenues dans des pesticides accessibles aux professionnels et au grand public. Sur base d’une étude de la littérature scientifique, ils ont classé l’une de ces substances, le glyphosate, parmi les « cancérogènes possibles pour l’homme ». Dans plusieurs pays, les autorités ont pris des mesures de restriction ou y réfléchissent. Le plus fameux produit contenant du glyphosate est Roundup, le désherbant total non sélectif Roundup de la multinationale américaine Monsanto, abondamment vendu en jardineries. En Belgique, 10 à 20 % des ventes de glyphosate sont utilisées par des particuliers.

En Belgique, l’administration a jugé que les informations disponibles étaient insuffisantes pour prendre attitude. Jeudi, le ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio (CDH) a jugé qu’il ne fallait pas attendre. Il a écrit une lettre à la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block (VLD), lui demandant de retirer l’autorisation de mise sur le marché de tous les produits phytopharmaceutiques contenant du glyphosate pour les particuliers. « Si les professionnels peuvent dépendre des pesticides pour la pérennité de leur profession, il n’en va pas de même pour les particuliers, écrit Di Antonio. Ces derniers les utilisent souvent sans protection et en surdose ». La lettre wallonne n’émeut pas le fédéral. « L’étude dont on parle est une courte note de 4 pages, dit-on au cabinet. Nous n’avons pour l’instant pas suffisamment d’éléments objectifs et scientifiques pour en tirer une quelconque conclusion ». Le rapport complet de l’IARC ne sera pas disponible avant la fin de l’année. Une étude de l’Union européenne est aussi en cours dans le cadre de la révision de l’approbation européenne du glyphosate. Elle devrait être disponible à la fin de l’année.

A Bruxelles, on ne partage pas l’impatience du ministre wallon. « On attend les conclusions de la révision des études européennes pour prendre les mesures utiles », dit-on au cabinet de la ministre de l’Environnement, Céline Fremault (CDH).

Les autres substances visées par l’étude de l’IARC, malathion, diazinon, tetrachlorvinphos et parathion sont déjà interdites à l’utilisation et à la commercialisation dans notre pays.