Gand croule sous ses déchets

L’intercommunale de gestion des déchets a été paralysée par le sort réservé à un travailleur. Des monticules de cartons et des sacs-poubelles jonchent le sol.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

D’ordinaire si accueillante et propre, la ville de Gand surprend le visiteur depuis plus d’une semaine. Dès l’entrée dans la ville, le ton est donné. Des montagnes de papiers et cartons s’amoncellent devant les commerces et entreprises. Quand ce ne sont pas des amas de sacs-poubelles bleus gorgés de PMC qui jonchent les trottoirs, parfois même éventrés et laissant jaillir des bouteilles de lait ou de soda. La cause d’une telle négligence ? La grève en cours depuis le mardi 26 mai à l’intercommunale gantoise de collecte des déchets Ivago. En cause, du moins au départ, la troisième évaluation négative attribuée à un travailleur. Mais le personnel reproche aussi à la direction une série de problèmes administratifs, notamment des retards de paiement en matière de pécules de vacances ainsi que des soucis de dispatching.

Ce mercredi matin, aux abords du palais de justice, un camion orange de l’intercommunale circule pourtant. Accrochés à l’arrière, deux éboueurs montent et descendent. Ils remplacent les sacs noirs des petites poubelles publiques. Pas encore les monticules de déchets accumulés depuis plus d’une semaine. Le travail a donc repris.

« Nous avons fait de notre mieux pour défendre l’accord, explique Dirk Van Himste (Acod), qui ajoute avoir « obtenu ce mardi soir des garanties pour une entreprise plus sociale ».

Confirmant la reprise du boulot, dans la Veldstraat du centre-ville, un trio nettoie les trottoirs des détritus et autres mégots. « La collaboration avec un directeur du personnel a pris fin lundi soir, explique Johan. Mardi soir il a aussi été décidé d’écarter un second manager qui ne pourra plus faire passer d’évaluations. Quant à notre collègue menacé, la hiérarchie réfléchit à un changement d’affectation. » Il faudra rattraper le retard…

Des éboueurs réquisitionnés

Partiellement défiguré par l’amoncellement de cartons et de poubelles qui débordent, le cœur historique ne semble cependant pas souffrir outre mesure de la grève. Les badauds sont présents en nombre. Surtout, aucune odeur nauséabonde n’agresse les narines. Au point que les commerçants ne se plaignent même de rien.

« Les touristes et les clients posent des questions, commente Daisy, gérante du Vaudeville, mais ils restent en terrasse. Personnellement, je peux comprendre une telle grève, mais c’est trop long. Ça nuit à l’image de la ville. » Occupé à photographier l’architecture locale, ce couple de touristes polonais a effectivement « été surpris par la quantité de déchets », mais n’a « ni été importuné ni été choqué ».

Et pour cause, « pour éviter qu’un sérieux problème d’hygiène ne se pose et pour préserver l’attrait touristique de son centre-ville, dès jeudi dernier, le bourgmestre Daniel Termont a réquisitionné 97 membres du personnel d’Ivago par la police afin d’y organiser la collecte des déchets les plus salissants et odorants, notamment les organiques », explique Charles, un habitant de la ville. Une initiative qui a fait bondir les syndicats et le PTB qui soutiennent le droit à la grève du personnel de l’intercommunale.

A l’écart de la vie mouvementée du centre historique gantois, le quartier turc. Là, dans la Tolhuisstraat, rien n’a bougé depuis plus d’une semaine. PMC, verre, cartons et sacs jaunes de déchets organiques garnissent les trottoirs sur lesquels les enfants jouent au football. Par endroits, les odeurs commencent à se faire sentir. « Jusqu’à présent, on a eu de la chance, soupire Marleen, mais à partir de demain, les grosses chaleurs vont arriver. Il est vraiment temps qu’on vienne enlever tout ça sinon ça va devenir intenable… »

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