Le PS bruxellois plaide pour une taxe au kilomètre

Le parti socialiste bruxellois veut « mettre le turbo » sur les questions de mobilité dans la capitale.

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Les mentalités ont changé. Au Parti socialiste bruxellois, on en est persuadé : plus personne n’envisage les problèmes de mobilité comme on le faisait auparavant. La preuve : les jeunes qui utilisent de moins en moins la voiture et de plus en plus les transports en commun. Changement de paradigme au PS aussi ? Ce vendredi, lors d’un « Midi » de la Fédération bruxelloise du PS consacré à la mobilité à Bruxelles, Ridouane Chahid et Laurette Onkelinx rendront publiques douze propositions.

Parmi celles-ci, il en est une qui fera parler d’elle : la taxation au kilomètre des voitures. « Dans le cadre d’un “tax shift”  », précise Laurette Onkelinx, présidente de la fédération, flanquée de l’expert mobilité du parti, Ridouane Chahid. Entendez : la taxation kilométrique serait compensée par une disparition des taxes de circulation et de mise en circulation. « Cette taxation doit se concevoir dans un bassin de mobilité dépassant le territoire bruxellois », précisent les deux.

Blocage wallon ?

La déclaration politique bruxelloise n’est pas très explicite là-dessus. L’idée figure en revanche dans la déclaration régionale flamande. Du côté wallon, la même déclaration… exclut explicitement l’instauration d’une taxe au kilomètre. Blocage assuré ? « Du côté wallon, c’est plus compliqué, on le sait ; il y a un travail à faire, reconnaît Onkelinx. Ceci est la position du PS bruxellois. Mais après l’instauration d’une taxe kilométrique pour les camions en avril 2016, l’opinion changera du côté wallon. »

Pour le PS bruxellois, priorité devra désormais être systématiquement donnée aux modes de transport alternatifs (transports en commun, vélo, pied) lors des réaménagements de voirie. « Il faut se battre pour des sites propres, il faut se battre pour des télécommandes de feu dans les trams et les bus, insiste Chahid. Il faut aussi se réapproprier l’espace public. »

« Urgence absolue »

Selon lui, il y a également un changement des mentalités chez les élus locaux. Finies les guérillas communales contre tel ou tel projet de la Stib ? « En simplifiant les procédures pour la réalisation des travaux, on va obliger les communes à se prononcer plus rapidement. Mais il faut aussi privilégier l’explication, le dialogue, la pédagogie. »

Pour les socialistes bruxellois, c’est « le moment idéal pour bouger. Le problème de congestion est énorme, on est dans l’urgence absolue. Quatre à six cent mille voitures chaque jour sur un territoire de 169 km2, cela ne peut pas durer ! Il faut mettre le turbo et mettre en œuvre une politique forte pour desserrer l’asphyxie sur Bruxelles. Il y a par ailleurs une conjonction d’intérêts et de demandes : le monde économique, social et environnemental, les habitants de Bruxelles, les navetteurs. Il faut s’adapter aux demandes, mais aussi trancher ».

En train dans Bruxelles

On retiendra que le PS de Bruxelles jette aussi quelques propositions dans le jardin du fédéral : ainsi une modification du régime fiscal des voitures de société, décourageant l’octroi de ce genre d’avantages au bénéfice de formules alternatives comme une aide au loyer, ou une aide à la relocalisation du domicile du travailleur près de son lieu de travail. Ainsi une rénovation de la gare du Midi et des avancées du dossier RER.

« Dans l’intervalle, il faut que l’on informe mieux les Bruxellois de l’intérêt de se déplacer en train à l’intérieur même des frontières de la Région », insiste Chahid. Répétant la position du gouvernement bruxellois, les socialistes veulent par ailleurs que l’essentiel des moyens de Beliris soit consacré à la mobilité, surtout le métro Nord qui aura besoin de 1 à 1,5 milliard d’euros.

 

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