Le prince Charles Bonaparte a pris part à la poignée de main

« La France ne doit pas avoir honte »

Ancien adjoint au maire d’Ajaccio, il s’est reconverti dans les affaires, tout en assurant la présidence de la Fédération européenne des cités napoléoniennes. Ce mercredi, il a tenu à prendre part à la poignée de main historique à Hougoumont. Entretien avec le prince Charles Bonaparte, 64 ans, dont l’arrière-arrière-grand-père était Jérôme, le frère cadet de l’Empereur, qui a d’ailleurs attaqué cette ferme avec opiniâtreté.

Aucune tristesse ou honte ?

Pourquoi devrais-je ressentir ces émotions ? Je n’ai fait que serrer la main de personnes qui ne sont là que par le jeu de la descendance. Même si pour d’aucuns, je suis la projection, parfois inconsciente, de mon aïeul, je ne suis pas là pour commémorer une bataille, mais pour que celle-ci puisse servir d’exemple et faire en sorte que plus aucune autre ne survienne.

Est-ce encore utile ces commémorations ?

Je ne pose souvent la question. En tant qu’ancien élu, je me doute qu’il y a sans doute beaucoup de nos concitoyens qui doivent avoir d’autres préoccupations nettement plus quotidiennes, mais je pense qu’il est cependant bon d’assurer la mémoire qui a forgé notre présent et qui se doit désormais à l’avenir.

La France n’est cependant pas représentée…

Je ne suis pas le président Hollande et je regrette vivement que seul l’ambassadeur de France ait fait le déplacement. Je ne vois pas en quoi la France doit avoir honte de ce qui fut, certes, la défaite d’un homme, mais d’un homme qui est entré dans la légende et qui a permis, au final, d’initier un sentiment européen. C’est cette valeur que je défends, non pas pour cette Europe technocratique que personne ne comprend, mais cette Europe des Hommes unis par une même culture.

D’où votre Fédération ?

Exactement. Avec soixante pays, nous avons mis en place “Destination Napoléon”, un itinéraire culturel européen soutenu par le Conseil de l’Europe, pour favoriser les échanges sur l’Histoire, soutenir la préservation du patrimoine et développer des actions afin que ce patrimoine occupe la place qu’il mérite dans le cadre d’une lecture historique mais aussi par son influence sur le contexte géopolitique contemporain et, notamment, dans l’évolution de l’idée européenne.