Examens annulés du CE1D: «Le chaos, un fiasco» (Revue de presse)

L’épreuve de langues modernes (anglais, néerlandais, allemand) du CE1D prévue ce jeudi pour les élèves de deuxième secondaire, comprenant les volets expression écrite, compréhension à la lecture et à l’audition a été annulée à la suite de fuites sur Internet. Près de 56.000 jeunes sont concernés par la mesure.

Cette décision intervient après l’annulation pour les mêmes raisons de l’épreuve de sciences du CE1D, et de celle d’histoire du CESS destiné aux élèves de 6e secondaire.

– > Fuites de sujets en série : Joëlle Milquet s’interroge sur les « coïncidences »

« Le chaos »

Dans son édito intitulé «  L’épreuve du feu pour Milquet », Béatrice Delvaux cite un tweet : « Ce serait à mourir de rire si ce n’était pas si grave ». «  C’est un des nombreux tweets envoyés hier suite aux annulations en rafale des différents examens du secondaire. Ce tweet-là venait de Flandre, où l’idée domine que, ces derniers jours dans l’enseignement francophone, c’est le grand n’importe quoi. Nettement moins drôle pour les francophones qui passent depuis trois jours par la consternation, la colère et l’indignation. Les parents des élèves plongés dans ce domino infernal sont au bord la crise de nerfs. Et si leurs enfants sont un instant soulagés – un examen annulé ou supprimé, qui n’en a pas rêvé –, ils rejoignent très vite leurs parents dans le désarroi face à la suite des événements, et l’inquiétude sur le futur réservé à leur année scolaire », explique l’éditorialiste en chef du Soir.

« Cafouillage », titrions-nous mardi à la une. « Chaos » serait aujourd’hui plus approprié, explique Béatrice Delvaux. «  Jusqu’à preuve du contraire et sauf élément neuf, la seule responsabilité de la ministre est engagée sur son retard à réagir lundi soir et qui a laissé les directeurs complètement seuls face aux mesures à prendre le mardi matin. Et sa vraie responsabilité pour le futur est de mettre au point un système qui garantisse la confidentialité des épreuves, en rompant avec l’archaïsme actuel (enveloppes scellées et envoi postal) ».

« Examens annulés, coupables recherchés », est La Une de L’Echo.

« À qui profite le crime ? », s’interroge Nathalie Bamps dans son édito.

« Faut-il s’interroger sur un Milquet-bashing ? Un enseignement-bashing ? La polémique autour des cours de religion et morale, le « cour de rien » qui tourne au fiasco, les fuites de copies d’examens qui aboutissent à une vaste opération de sauve-qui-peut. Et, cerise sur le gâteau, les perquisitions au cabinet de la ministre de l’Enseignement, puis au siège de son parti, dans un vieux dossier d’engagement litigieux de collaborateurs.

Ne mélangeons pas tout. Dans tous ces dossiers, celui qui marque le plus les esprits, c’est le chaos organisé autour des épreuves d’évaluation externe CE1D et CESS. Il laissera des traces profondes chez les adolescents qui ne savent plus s’ils doivent étudier ou pas, s’ils réussiront ou pas, si le conseil de classe les félicitera ou pas. Bref, s’ils ont travaillé pour rien, ou pas ».

« Un fiaco »

« 172.000 examens annulés : un fiasco sans précédent pour Milquet ! », titrent les journaux du groupe Sudpresse.

Christian Carpentier dans son édito n’hésite pas à dire que l’enseignement francophone traverse en ce moment sa plus grave crise de ces dernières décennies.

« Deux choses y sont particulièrement dramatiques. La première, c’est que les inconscients qui ont pris la responsabilité de répandre des questions d’examen n’ont pas seulement déstabilisé une ministre ou des directions d’écoles. Ils ont surtout porté un inadmissible coup bas aux élèves et à leurs parents, plongés dans une pagaille et un stress tout simplement terrifiants. Et criminels.

La seconde, c’est que c’est désormais tout l’appareil scolaire qui est plongé dans une énorme crise de confiance. Réorganiser de nouvelles épreuves pour remplacer celles éventées ? C’est possible. Mais qui dit que les fuites ne se produiraient pas à nouveau, puisqu’on ne sait pas d’où elles viennent ?  », explique le journaliste.

«  L’incroyable fiasco du CE1D », titre la Dernière Heures. Joëlle Milquet a annoncé une série de mesures. Trop faibles, trop tardives face à la colère des parents.

« Évidemment, l’élue CDH n’est en rien coupable de ce très mauvais feuilleton. Assurément, ce n’est pas la ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles qui a ruiné l’année scolaire de plusieurs milliers d’élèves. Mais, en tant que ministre de tutelle, elle porte l’entière responsabilité de cet incroyable fiasco. La responsabilité d’avoir été dépassée par un dossier très rapidement devenu incontrôlable, celle de n’avoir pas su anticiper une débâcle causée par l’incurie et/ou la malhonnêteté de certains membres de son administration, celle – enfin – de ne pas maîtriser cette même administration », explique Mathieu Ladevèze.

« L’échec »

« L’échec de fin d’année », titre la Libre.

« Ils avaient tout prévu, absolument tout… sauf ÇA ! » Cette phrase, on ne peut plus prémonitoire, est la première ligne du récit de fiction à analyser par les élèves de 2e secondaire dans le cadre de l’épreuve du CE1D de français qui a été organisée mardi. Une des rares épreuves certificatives externes qui n’a pas été l’objet de fuites…, ironise », La Libre.

« Milquet dans les cordes », titre L’Avenir

«  Les polémiques, les peaux de bananes et les explosifs s’accumulent sous les pieds de la ministre de l’Éducation CDH. La saga des épreuves certificatives du secondaire est devenue hier quasiment insoutenable.

Histoire, sciences, maths, langues : tous les questionnaires fuitaient. Situation ubuesque. Directeurs, profs, élèves, parents étaient sur les nerfs », commente le journal.