«Je n’organiserai pas d’audience à Haren»

Dans l’ancienne salle des référés au palais de justice de la place Poelaert, l’association syndicale de magistrats, le comité de Haren, Inter-Environnement Bruxelles, l’Observatoire international des prisons, le bâtonnier de l’Ordre français des avocats du barreau de Bruxelles et le président du tribunal de première instance ont continué leur combat contre le projet de prison à Haren. Vendredi dernier, dans la plus grande discrétion, la commission de concertation a rendu un avis favorable mais sous conditions.

« Je n’organiserai pas d’audience dans l’enceinte de la prison de Haren. C’est peut-être un caprice d’enfant gâté mais je ne pense pas que la justice doit se rendre au cœur du milieu pénitentiaire, a affirmé Luc Hennart, le président du tribunal de première instance de Bruxelles. Les audiences doivent être publiques et les gens ne se rendront pas en périphérie de Bruxelles pour y assister. »

Le bâtonnier de l’Ordre français des avocats du barreau de Bruxelles, Stéphane Boonen, partage cet avis et craint que les conditions de travail des avocats se dégradent.

« Les problèmes de mobilité seront très importants. Quand j’ai interrogé le ministre de la Justice à ce propos, il m’a dit qu’une partie des plaidoiries pourrait se tenir en vidéo conférences ! Il faut au moins qu’une maison d’arrêt reste à proximité du palais de justice. Il est donc nécessaire de rénover les bâtiments de Forest pour lesquels la Belgique a déjà été condamnée plusieurs fois. »

Les représentants des riverains, eux, défendent le caractère vert et agricole du terrain de 18 hectares sur lequel doit s’ériger la prison. « On nie les 334 remarques envoyées, s’insurge Isabelle Hochart d’IEB. On a jeté nos arguments aux oubliettes. »

Avant le 26 juin, le fonctionnaire délégué régional devra accorder ou non les permis d’environnement et d’urbanisme. Il semble peu vraisemblable que celui-ci ne les délivre vu les accords politiques enregistrés par les gouvernements fédéraux et régionaux précédents. Par contre, les opposants préparent déjà leurs arguments pour les recours.