Dalí, chevaleresque et mythique

MONS Jusqu’au 12 juillet, les chevaux et chevaliers de Salvador Dalí s’exposent à l’église St-Nicolas, à Mons. L’occasion de découvrir le patrimoine de cette église débarrassée de 20 ans d’échafaudages.

Temps de lecture: 3 min

Jusqu’au 12 juillet, l’église St-Nicolas, rue d’Havré à Mons, est un temple d’hommage à l’œuvre de Salvador Dalí dans l’édition. Septante-sept lithographies (impressions à partir de pierre gravée) et xylographies (planches de bois gravées) sont exposées sur l’initiative de la fondation Niezen-Quiévy, créée par Michel Niezen, chef d’entreprise de Brugelette, et son épouse. Leur initiative est labellisée Mons 2015. L’occasion rêvée pour Henri Brouet, président de la Fabrique, de dévoiler au grand public les richesses patrimoniales de l’église, à la façade débarrassée de 20 ans d’échafaudages. Le service « Art, culture et foi » du diocèse de Tournai a choisi ce lieu pour héberger cette expo participative : dans le cadre du Grand Huit, 27 commerçants de la rue d’Havré exposent d’ores et déjà une quarantaine de lithos de l’artiste, tirées d’une bible de Jérusalem.

Ce n’est pas que Dalí était croyant… mais l’expo met le doigt sur un aspect de son mysticisme. En entrant dans l’église, le visiteur est happé par une bâche monumentale où est imprimé St-Georges sur son cheval. Dans le chœur, 18 lithos s’exposent : Bucéphale, d’Alexandre le Grand ; Le C hevalier et la mort  ; Lady Godiva  ; Don Quichotte, Le Centurion… autant d’illustrations originales de l’ouvrage Les chevaux de Dalí accompagnées de textes d’Alain Decaux et Léon Zitrone. Face au maître-autel, une autre bâche reproduit, en 5 mètres sur 7, Le cheval de labeur – qui rappelle les chevaux gris des mines du Borinage.

L’expo d’hommage à Dalí se décline en trois autres parties : « Les chevaliers de la Table ronde » (variation des Apôtres), lithos illustrant une édition parisienne que Dalí supervisa en 1978. A voir dans le déambulatoire entourant le chœur, tout comme les variations autour de Don Quichotte. Enfin, à la chapelle d’hiver, Michel Niezen présente une série complète de 34 xylographies qui auraient dû illustrer L’enfer, premier cahier de la Divine comédie de Dante Alighieri. « L’Etat italien avait passé un contrat avec Dalí afin qu’il illustre cet ouvrage du 14e siècle, relate Niezen, puis s’est ravisé. Dalí a donc rompu le contrat et a parachevé ses xylos à son compte. » Michel Niezen voue une grande passion à Dalí. « En 2012, j’ai acheté pour mon épouse un livre de recettes illustré par Dalí et intitulé Les dîners de Gala. Après une première expo de lithos des Chevaliers de la table ronde à l’église de Cambron-Casteau, nous est venue l’idée de peaufiner notre collection. Avec mon épouse et sa sœur Bernadette, notre devise, c’est il n’y a pas d’art sans économie, et pas d’économie sans art. Tous les arts ont en commun la recherche de l’excellence. Quel que soit notre niveau social, nous pouvons, tous ensemble, être les moteurs du redressement économique de notre région ! »

Dans l’église, le visiteur pourra aussi contempler le vitrail en faisceaux de verre de Bernard Tirtiaux, derrière les grandes orgues restaurées. Des orgues qui retentiront pleinement le 3 octobre, pour Roland de Lassus.

Jusqu’au 12 juillet de 10 à 18h. www.mons2015-dali.be

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