Marc Goblet: «Nous demandons une réduction collective du temps de travail»

Le secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet, estime que le tax-shift gouvernemental part dans une mauvaise direction. Il propose que les réductions de coût du travail soient affectées à une réduction collective du temps de travail.

Le gouvernement planche sur un glissement fiscal, pour réduire les charges salariales. Une bonne démarche ?

Le problème du coût salarial n’est pas lié à la hauteur des cotisations. Le problème, c’est qu’il y a toute une série d’avantages qui ne sont pas dans le salaire brut : avantages en nature, les PC, les GSM, les assurances groupe, les assurances hospitalisation, les chèques repas, les écochèques, les chèques cadeaux, etc. Là-dessus, il n’y a pas de cotisations sociales. En procédant à ces exonérations, on a donc pris l’argent des travailleurs.

Pourquoi ?

Parce que les cotisations, c’est du salaire des travailleurs qu’on paye plus tard. Quand les travailleurs ont créé la Sécurité sociale, ils ont dit aux employeurs de ne pas payer tout le salaire, mais d’en garder une partie (les cotisations) pour la payer plus tard, sous forme de pensions, d’allocations de chômage ou de maladie. Réduire ces cotisations, c’est prendre l’argent des travailleurs.

Qu’est-ce que vous proposez ?

On peut baisser les cotisations, mais avec ce que les employeurs en retirent, on finance une réduction collective du temps de travail ciblée sur les plus de 50 ans, dans un premier temps. Cela permettra aux travailleurs de plus de 50 ans de réduire progressivement le rythme et cela ouvrira des places pour les plus jeunes, à qui les plus âgés transmettront leur savoir. Là, tout le monde est gagnant : on garantit un revenu au travailleur, on augmente l’emploi, et cela ne coûte pas plus cher à l’entreprise. On utilise ainsi intelligemment la réduction de cotisation.

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