Les comptes ING de la représentation russe en Belgique ont été débloqués

Les cinq comptes dont la représentation russe en Belgique dispose chez ING ont été débloqués et les autres comptes le seront lundi, a indiqué le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. Le ministre a salué la bonne collaboration avec l’ambassade, les avocats de Ioukos et les banques.

Des actifs du gouvernement russe ont été gelés en France et en Belgique il y a deux semaines à la demande des ex-actionnaires du groupe pétrolier Ioukos. Cette mesure découle de la condamnation en juillet 2014 par la Cour permanente d’arbitrage de La Haye de l’Etat russe à verser une indemnité de 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) pour avoir orchestré le démantèlement de Ioukos, l’ancien numéro un du pétrole en Russie, pour des raisons politiques. Ioukos avait été vendu à la découpe en grande partie au groupe pétrolier public russe Rosneft, un acteur de taille modeste pour le secteur à l’époque, devenu depuis le principal producteur mondial parmi les sociétés cotées.

En Belgique, parmi les comptes russes gelés figuraient notamment ceux de l’ambassade de Russie et des représentations permanentes de la Russie auprès de l’UE et de l’Otan à Bruxelles.

Didier Reynders, qui accompagne les souverains dans une mission économique en Chine, a précisé avoir obtenu l’accord pour modifier le Code judiciaire afin de rendre insaisissables les comptes des missions diplomatiques, ce qui permettra à la Belgique de se mettre en conformité avec les conventions internationales.

Menaces

Vendredi, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré qu’il défendrait ses intérêts. « Notre position est claire : la Russie ne reconnait pas l’autorité de ce tribunal ». La Russie a menacé de représailles tout pays qui oserait toucher à ses avoirs à l’étranger : « Ceux qui s’aventureraient à faire ça doivent comprendre qu’il y aura des mesures de rétorsion », avait les Affaires étrangères russes. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait souligné que Moscou prendrait des mesures équivalentes à celles appliquées dans les pays occidentaux, estimant qu’il s’agissait là de « la seule façon (pour Moscou) d’agir sur la scène internationale ».