Pension à 67 ans: tout ce qu’il faut savoir

La Chambre a entamé ce lundi l’examen du projet gouvernemental de réforme des pensions et d’allongement des carrières. C’est le début de quatre semaines de débats qui s’annoncent animés tant le projet suscite de vives réactions et s’attaque à un des tabous de notre société.

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Afin de permettre à ses lecteurs de disposer des éléments clés du débat, Le Soir consacre un dossier spécial à cette réforme. II dresse un état des lieux de la situation actuelle et décrit les différents changements annoncés.

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La mesure phare que tout le monde a en tête: retarder l’âge légal de la retraite à 66 ans en 2025 puis à 67 ans en 2030 n’est qu’une des nombreuses dispositions envisagées par le gouvernement. La réforme concerne aussi tous les autres départs : les prépensions, les pensions anticipées, les régimes spéciaux… Qu’en est-il exactement ?

Une question fondamentale : le projet gouvernemental permettra-t-il de maîtriser le coût du vieillissement et d’assurer le financement à long terme de notre système de pension ?

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Le gouvernement en est persuadé mais en-dehors de celui-ci, le scepticisme est palpable, y compris au sein même de la Commission de réforme des pensions dont les travaux ont pourtant servi de base aux réflexions du gouvernement.

Si personne ne remet vraiment en cause le rallongement des carrières parmi les experts, certains estiment que le gouvernement aurait dû prendre un peu plus de temps pour approfondir la question et pèche par optimisme.

Trop de pensions anticipées ?

Rien n’indique en effet, comme il le pense, que ceux qui travaillent aujourd’hui jusqu’à 65 ans travailleront jusqu’à 67 ans. Ils seront peut-être plus nombreux à prendre leur pension anticipée. N’oublions pas qu’en comparaison avec l’étranger, le problème de la Belgique n’est pas tant un problème démographique qu’économique.

Les travailleurs s’arrêtent trop vite. Tout le défi est donc de relever le taux d’emploi des plus de 50 ans. La Belgique pourrait s’inspirer de l’exemple de la Finlande qui a réussi à augmenter fortement le taux d’emploi de ses seniors, comme le montre notre reportage.

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C’est le résultat de la réforme des retraites adoptée en 2005 qui a instauré un âge de départ flexible (entre 63 et 68 ans) mais aussi d’un travail de pédagogie mené vis-à-vis des entreprises afin de les amener à améliorer le bien-être au travail.

Et en Belgique ? Les entreprises sont-elles disposées à faire une place aux seniors, elles qui n’ont eu de cesse de ces dernières années de se défaire de leurs travailleurs les plus âgés via des plans de restructuration (recours aux prépensions) ? Beaucoup avouent ne pas être prêtes et ne pas savoir quoi faire de leurs travailleurs usés.

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Certains tirent la langue à la perspective de devoir travailler jusqu’à 67 ans. D’autres cauchemardent à l’idée de s’arrêter et se verraient bien mourir au travail, comme l’illustre une série de témoignages.

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C’est que le monde des plus de 65 ans est très hétéroclite. Quelques infographies rappellent la diversité des situations que ce soit au niveau de l’instruction, des conditions de logement, de la santé mentale et physique…

Pour clôturer le débat, on prend de la hauteur via un entretien avec le philosophe français Michel Serres. Ce retraité actif de 85 ans jette un regard sur les bouleversements que le vieillissement de la population entraîne dans notre société et la nécessité d’assurer la transmission culturelle entre les anciens et les plus jeunes.

Lire l’interview de Michel Serres