La majorité, pressée d’en finir, dépose sa résolution sur le génocide arménien

La majorité fédérale accélère : elle transmettra la résolution reconnaissant le génocide arménien ce mercredi en conférence des présidents à la Chambre.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

La suédoise accélère plein champ, elle s’impose un calendrier d’enfer. La majorité fédérale MR/N-VA/CD&V/VLD a l’intention de faire aboutir pas moins de dix-huit projets de loi à la Chambre pour le mois de juillet, avant les vacances d’été, dont celui, pas anecdotique, ayant trait à la réforme générale des pensions. Et l’on annonce, en prime, le dépôt de la résolution par laquelle la Belgique, conformément aux déclarations du Premier ministre jeudi dernier au Parlement fédéral, s’engage à reconnaître le génocide arménien.

On reprend en substance les termes de Charles Michel à la tribune de la Chambre, concluant que la Belgique « considère que les événements tragiques de 1915-1917 perpétrés par le dernier gouvernement de l’Empire ottoman doivent être qualifiés de génocide ». Ajoutez la référence à « l’importance du dialogue » entre la Turquie et l’Arménie, l’évocation du rôle joué par ailleurs par les juridictions internationales, le rappel du geste posé au Sénat en 1998 (une résolution, déjà). La messe est dite.

Et l’on ne croit pas si bien dire : la majorité, confie-t-on, veut en effet déposer la résolution ce mercredi en conférence des présidents (réunissant les chefs de groupe politiques à la Chambre, autour de Siegfried Bracke, président d’assemblée), afin qu’elle puisse être prise en considération sans tarder. La suédoise aurait l’intention de demander l’urgence en séance plénière jeudi. Où le débat à ce sujet pourrait donc donner lieu à un vote dans les prochaines semaines, avant la trêve estivale, clôturant ainsi le processus : l’adoption de la résolution, la reconnaissance officielle, par la Belgique, du génocide arménien. Affaire classée ?

Tensions avec la Turquie

Quoique : au sein des partis, on le sait, les élus d’origine turque ne sont pas tous chauds. On pense à Emir Kir, député-bourgmestre de Saint-Josse, qui doit se conformer en principe à la position du PS lors du vote au Parlement. On pense également à l’exclusion récente de Mahinur Ozdemir au CDH, et son impact sur sa terre d’élection, à Bruxelles. Pas simple, donc. Pour une série de raisons, à commencer par le blocage total à Ankara. Qui s’était fait entendre après l’intervention solennelle de Charles Michel à la Chambre jeudi dernier, lorsque le ministère turc des Affaires étrangères avait indiqué, en guise d’avertissement, qu’il n’était « ni acceptable, ni justifiable » pour le Premier ministre (belge) de politiser la problématique, et déduit que cela ne resterait pas sans conséquences pour les relations entre la Turquie et l’Europe.

L’accélération, aujourd’hui, du gouvernement fédéral a un caractère historique. Contraignant la Chambre à se positionner, elle aura en outre un effet clarificateur sur les positionnements des uns et des autres dans les formations politiques, mais aussi générateur de tensions diplomatiques, on l’imagine, avec la Turquie.

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