Grève des taxis: Cazeneuve veut interdire Uber à Paris

Palettes qui brûlent, pneus crevés et brûlés, confrontations tendues, parfois violentes, avec les chauffeurs de VTC (voiture de transport mise à disposition de manière payante avec son chauffeur) : les chauffeurs de taxis manifestent leur colère en France pour dénoncer la « concurrence sauvage » de l’application mobile UberPOP.

► Pourquoi Uber énerve les chauffeurs de taxis

2.800 taxis en colère

Selon une source policière, 2.800 taxis manifestent dans toute la France. Les taxis bloquent les aéroports et les gares des grandes villes et les incidents se multiplient dans toute la France : Toulouse, Nice, Marseille, Bordeaux, Lyon, Lille mais aussi Strasbourg, Dijon, Saint Etienne ou Caen.

A Paris, ce sont près de 1.500 taxis qui paralysent le trafic sur trois sites principaux : les aéroports de Roissy et Orly et la Porte Maillot où la circulation reste fortement perturbée.

Bernard Cazeneuve veut interdire Uber

Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur français, a par ailleurs « demandé au préfet de police de Paris de prendre un arrêté interdisant l’activité d’UberPop ». Et de rajouter : « J’appelle tous ceux qui sont dans l’action à n’engager aucune violence ».

Dans un courrier adressé au procureur de la République de Paris, le ministre dénonce « un délit d’organisation d’activités illicites de transports de personnes ». Bernard Cazeneuve cite l’article 40 du code de procédure pénale, et rappelle que le service d’Uber « est susceptible de caractériser ce délit », passible de « deux ans d’emprisonnement et de 300.000 euros d’amende ».

« On a envie de les buter »

Selon des images diffusées par BFM TV, plusieurs bagarres ont éclaté à l’aéroport de Roissy où des taxis bloquent les accès et contrôlent des chauffeurs Uber.

« À Roissy, les chauffeurs UberPOP, on les reconnaît vite », explique Jose Diogues, taxi depuis 38 ans. « On a envie de les buter, c’est interdit et ils continuent de faire chier. »

Mais paradoxalement, la grève des taxis à entraîner une augmentation de la demande pour… Uber.

Des Belges à Paris

Une trentaine de chauffeurs de taxis bruxellois sont partis manifester à Paris pour rejoindre le mouvement de grogne organisé en France à l’appel de fédérations et de syndicats de taxis contre le service Uber. D’autres taximen se sont également rendus à Lille, a indiqué l’organisateur du mouvement au départ de la Belgique, sans pouvoir en préciser le nombre exact.

Une large coalition de fédérations et de syndicats de taxis français a appelé à des rassemblements partout en France ce jeudi, devant les gares et les aéroports.