Attentat terroriste en France: ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas

Le suspect principal a été rapidement interpellé dans l’après-midi. Notre point sur la situation.

Temps de lecture: 4 min

Ce qu’on sait

► Les faits

- Vendredi matin, la tête décapitée du gérant d’une société de transport a été posée sur le grillage de l’usine Air Products, à Saint-Quentin-Fallavier (nord de l’Isère). Deux drapeaux avec des inscriptions en arabe ont été posés autour de la tête, signe d’une mise en scène.

- L’assassin présumé s’est présenté peu avant 07H30 devant l’usine de gaz industriels classée Seveso (c’est-à-dire présentant des risques d’accidents majeurs), dans un véhicule utilitaire. Il a pu pénétrer sur le site car « il avait l’habitude de rentrer dans l’usine pour effectuer des livraisons », a précisé le procureur François Molins.

- Quelques minutes plus tard, le suspect a projeté son véhicule sur l’un des hangars du site, provoquant une explosion avec un « effet de souffle important ».

- L’auteur présumé de l’attentat, Yassin Salhi, 35 ans, est ensuite sorti du véhicule pour se rendre dans un bâtiment proche et manipuler d’autres bonbonnes.

- Une équipe de pompiers, appelée en secours, a été accueillie par Salhi au cri de « Allahou Akbar » (Dieu est le plus grand). Les pompiers sont parvenus à le ceinturer et à le maîtriser en attendant l’arrivée des gendarmes.

- Deux personnes ont été blessées.

- Quatre personnes sont en garde à vue.

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►Au moins un suspect principal arrêté

- L’homme a été arrêté immédiatement par un des pompiers en intervention. C’est le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeuneuve qui a révélé son identité.

- Des perquisitions ont démarré à son domicile en début d’après-midi.

- Yassin Salhi est en détention provisoire pour assassinat et tentatives d’assassinat en bande organisée, notamment.

► Yassin Salhi : l’auteur présumé des attentats

– Le principal suspect est Yassin Salhi, âgé de 35 ans, originaire de Pontarlier et père de trois enfants.

– L’homme était fiché pour radicalisation depuis 2006, mais sa fiche n’avait pas été renouvelée en 2008.

– Son casier judiciaire était vide.

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►La victime décapitée était l’employeur du suspect

Le chef d’entreprise du Rhône décapité vendredi était l’employeur de l’auteur présumé de l’attaque, selon une source proche du dossier.

Selon les premiers éléments de l’enquête fournis par une de ses sources, l’entreprise de transports de cet homme, âgé de 54 ans, disposait d’une habilitation pour entrer sur le site de la société américaine Air Products.

►La sœur et la femme de Salhi ont été interpellées

– La femme de Yassin Salhi a été interpellée à son tour dans l’après-midi. Elle avait déclaré à la radio Europe 1 : « Nous sommes des musulmans normaux ».

– La sœur du suspect a été arrêtée à son tour un peu plus tard dans la journée.

Ce qu’on ne sait pas

► Était-il seul ?

Une seconde personne aurait été interpellée après l’attentat, indiquait le site internet du Dauphiné Libéré. Il s’agirait du conducteur aperçu dans la matinée en train de faire des allers-retours devant l’usine à bord d’une Ford Fusion.

« Aucun élément » ne permet d’affirmer à ce stade qu’un complice était dans l’usine, a annoncé le procureur François Molins. « Les témoignages récoltés font état d’une seule personne dans le véhicule. »

► La décapitation : ante mortem ou post mortem ?

L’un des éléments à déterminer est le « moment de la décapitation ». « S’est-elle produite ante mortem ou post mortem? », se demande le procureur. Un couteau a notamment été retrouvé près de la voiture. Les drapeaux retrouvés sur place, sur lesquels se trouvent des inscriptions, doivent encore être analysés.

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► Ses motivations

Des détails permettent d’ouvrir certaines pistes.

– Un règlement de compte : la tête qui a été retrouvée décapitée est celle de l’employeur du suspect.

– Un attentat terroriste : deux drapeaux (un noir et un blanc) couverts d’inscriptions en arabe, ont été retrouvés autour de la tête décapitée. Pour François Hollande, l’intention ne fait pas de doute : « provoquer une explosion. L’attaque est de nature terroriste. »

A ce niveau de l’enquête, il n’existe encore aucune certitude sur les motivations qui auraient poussé Yassin Salhi à effectuer cet acte.

► Son parcours

Yassin Salhi fréquentait très peu la mosquée de Pontarlier (sa ville d’origine). Il aurait toutefois eu un lien avec un Pontalissien nommé Ali, fanatique converti lors de son séjour en prison.

Selon les informations avancées par le site de l’Est Républicain, Yassin Salhi aurait commencé à se radicaliser à son contact. Après quelques années, il a quitté Pontarlier pour rejoindre Besançon où il aurait continué à avoir des contacts avec Ali.

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