Des pistes pour contrer une croissance qui stagne

En 2014, le secteur de la construction a progressé de 3,2 %. Mais attention, estime la Confédération Construction, il ne faut pas se fier aux apparences. Cette croissance s’explique essentiellement par des conditions climatologiques favorables. Les perspectives 2015 sont moins encourageantes.

L’année dernière, le nombre de nouveaux logements autorisés (53.694) a bondi de 10 %. La rénovation a eu le vent en poupe avec une croissance de 3 %. Le non-résidentiel (bureaux, commerces, bâtiments industriels et agricoles) a connu un recul sévère (- 5 %). Quant au génie civil, contre toute attente, boosté par l’augmentation des investissements ferroviaires, il a progressé de 1 %.

Si la construction a tiré son épingle du jeu en 2014, elle a des soucis à se faire pour l’avenir. La Confédération Construction table sur une croissance nulle de l’activité en 2015. La situation est grave. Près de 2.000 faillites sont recensées chaque année et 17.000 emplois sont passés à la trappe depuis le début 2012. « Nous entrevoyons deux grands défis : la concurrence déloyale et le financement des travaux de construction », explique Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction. Pour contrer la concurrence de certaines entreprises étrangères, la fédération professionnelle suggère un abaissement des charges des entreprises (soit une réduction de 6 euros par heure prestée). Elle propose aussi de mettre en place une stratégie de financement en relevant le niveau des investissements publics et privés et en développant diverses formes de financement alternatif pour le logement.

« Il faut travailler à élargir autant que possible notre champ d’action vers des solutions nouvelles. Dans un pays comme la Grande-Bretagne, le financement des travaux publics par les partenariats publics-privés est depuis longtemps une réalité et le Community Land Trust est effectif dans le logement. Le financement du logement sera mis de plus en plus sur les épaules d’institutionnels et de moins en moins sur celles des ménages. De nombreux partenaires financiers sont à la recherche de bons projets dans le logement, les services aux seniors, le secteur hospitalier, l’accueil de la petite enfance, les écoles… Nous avons la conviction que ce ne sera pas des acteurs privés que viendra le détonateur, mais bien de la volonté du politique », ajoute Robert de Mûelenaere.

« Nous sommes tous dans le même bateau : le gouvernement, le secteur, les partenaires sociaux. Si nous ne faisons rien, nous allons droit dans le mur. » Un comble pour le représentant des maçons qui préférerait de loin en construire.

« Des solutions et des décisions doivent être prises rapidement car la tempête ne s’arrêtera pas d’elle-même. Il va falloir y travailler d’arrache-pied, ensemble, pour espérer inverser la tendance tant qu’il en est encore temps », ajoute Colette Golinvaux, présidente de la Confédération Construction.

Message reçu cinq sur cinq par le Premier ministre invité, le 17 juin dernier, au déjeuner de présentation du rapport annuel 2014-2015. Charles Michel a précisé qu’il entendait avec son gouvernement partir en guerre contre le dumping social, travailler à la création d’emplois par une réduction structurelle des charges, soutenir les PME et les indépendants, lutter contre les faillites…

Des discussions ont lieu actuellement entre le gouvernement et le secteur. Elles pourraient déboucher sur des mesures concrètes d’ici mi-juillet.