Les dirigeants sont busés, ont raté leurs examens en six points (1/5)

Au début de ces vacances 2015, nous sommes à l’heure des bulletins. La série de l’été sera  : « Les examens de passage vers la nouvelle économie. »

Après la crise de 2008, la crise de l’Euro, les printemps arabes, les zizanies un peu partout, le modèle économique de croissance par la dette mis en question, le fossé abyssal entre nantis et exclus. Modèle sociétal métastasé basé sur l’accumulation poussé par l’avidité individuelle…

Selon le proverbe mongole « Changer, c’est progresser – se changer, c’est se réaliser », je me demande où en est la performance de remise en question de nos dirigeants-entrepreneurs. Quel est leur bulletin ? Ont-ils mis en question leur comportement vers un mode plus respectueux ? Ont-ils mis en question leur modèle d’affaires vers un modèle durable ? Ont-ils changé leur mode managérial vers plus d’empowerment de leurs troupes ? Ont-ils développé leur vision holistique sur leurs métiers et sur le monde ? Ont-ils cartographié la vraie valeur de leurs organisations ? Se sont-ils assis avec leurs parties prenantes principales pour partager défis et ressources ? Ont-ils mappé leurs nouveaux entrants, les signaux faibles dans leurs secteurs d’industrie ? Et surtout, ont-ils agi en dirigeants responsables gérant ces risques systémiques de leur propre secteur ?

Réponse : « Peut mieux faire… ». Examens de passage en septembre !

Notre petite enquête sur la question, sur 308 patrons :

– Dirigeants qui savent que le monde et leur industrie change : 94 %

– Dirigeants qui ont démarré une réflexion à ce sujet en interne : 56 %

– Dirigeants qui ont agi en conséquence et pris des actions marginales : 23 %

– Dirigeants qui ont agi en conséquence et pris des actions significatives : 12 %

C’est beaucoup trop peu. Mais pourquoi ? Voici mon analyse en 6 raisons :

1. Ils/elles sont au plus urgent, et ne prennent pas le recul nécessaire pour construire une vision d’avenir sérieuse – il est dès lors difficile de gérer le déclin en même temps que l’innovation disruptive (solution : prenez du temps pour vous et pour la réflexion) ;

2. Ils/elles manquent de courage politique, de leadership, pour proposer une quête à leurs équipes – car ils/elles sont formés à gérer et non pas à écrire l’histoire entrepreneuriale de leur industries (solution : balancez la question-quête auprès de vos équipes, ça les mobilisera et vous récupérerez leurs talents et engagement collectif) ;

3. Ils/elles n’en sont pas capables car conditionné à la compétition et non pas à la coopération, conditionné de façon linéaire et non pas en écosystème, et manquent de capacités à activer l’intelligence collective tant de leurs équipes que de leurs parties prenantes (solution : alliez-vous à des jeunes entrepreneurs/extrapreneurs pour piloter vos projets d’innovation et de business development disruptif) ;

4. Ils/elles sont conditionnés par la peur, par l’aversion du risque, et non pas par l’entrepreneuriat (solution : redonnez du sens à vos activités en contribuant à un maximum de fonctions vitales de la société) ;

5. Ils ne maîtrisent pas les fondamentaux des nouveaux modèles économiques (solution : lisez notre dernier livre, et informez-vous dans les réseaux émergents) ;

6.  L’intention de fond de la majorité est l’accumulation individuelle, la protection de ses propres acquis, et non pas la contribution au bien commun (solution : redonner du sens est la façon la plus efficace de mobiliser talents et ressources des parties prenantes – c’est aussi le plus gratifiant !).

Mais les générations Z et Alpha les attendent… et ils s’apprêtent à reprendre les rênes. Un seul souci : ces générations sont velléitaires et ont plus difficile à s’atteler à des feuilles de route sérieuses, à des gestions de projets rigoureuses.

Bref, il va falloir « faire ensemble ».

La clé de succès est une combinaison de travail personnel de développement de soi, et un travail de terrain sérieux avec ses équipes, en respectant une feuille de route pour passer d’un monde linéaire à un monde tridimensionnel. C’est l’objectif du livre « Le Nouveau Jeu Economique ». 18 étapes pour passer de l’ancien au nouveau, sans brûler les étapes. Ça sera pour les prévoyants.

Pour les autres, ils seront obligés à le faire au moment de la chute de l’euro, des banques, et du système économique que l’on connaît maintenant. Et cette fois, dans l’urgence de survie. Ça passera ou ça cassera… la bonne nouvelle est que la créativité se réveille vraiment qu’en cas d’urgence et de nécessité de survie.

Mais avons-nous le temps pour attendre ce shift dans les comportements et consciences ? Clairement non. Nous avons maximum 5 ans devant nous pour faire ce shift pour nous-mêmes d’abord, pour nos équipes ensuite. Peut-être moins…

Conclusion : voyageons et rencontrons des différences, créons des alliances improbables, osons expérimenter.

www.setthenewgame.com. Les prochains épisodes de la série de l’été « Les examens de passage vers la nouvelle économie. » seront : « Les managers ont busé leurs examens (2/5) » « Les employés aussi ont raté leurs examens (3/5) » « Les investisseurs ont radicalement raté leurs examens (4/5) » « Les politiques ont des examens de passage aussi (5/5) »

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