Les cinémas Médiaciné ont du plomb dans l’aile

D epuis la dernière étude d’incidences de 2006, tout a changé dans le quartier, explique Jean-Pierre Hupkens, l’échevin de l’Urbanisme de la Ville de Liège. Il y a eu l’ouverture de la Médiacité, de la gare des Guillemins, du Sauvenière, etc. Il faut donc réactualiser cette étude, et surtout en matière de mobilité et de stationnement. »

Le collège échevinal vient donc de demander à la société Belga Films de réaliser, à ses frais, cette nouvelle étude. « C’est certes contrariant pour eux, reprend l’échevin, mais si cela va vite, tout peut être fait en six mois. Mais je crois qu’il était essentiel de la réclamer pour garantir le dossier et pour éviter une série de recours ultérieurs si nous sommes amenés à octroyer le permis. »

L’enquête publique a en effet abouti à une série de plaintes de riverains qui craignent de gros problèmes de mobilité et de parking dans leur quartier. Et on sait que l’ASBL « Les Grignoux » (qui gère le Sauvenière, Le Parc et le Churchill) est aussi fortement opposée à ce projet.

Du côté de la société Belga Films, on réfléchit : « Nous avons bien reçu cette demande de la Ville, confirme le patron, Jérôme de Bethune. Nous allons l’analyser et nous prendrons position dans les prochaines semaines. »

Des salles de cinéma à la Médiacité, on en parle depuis 2005. Depuis que le promoteur a eu l’idée d’intégrer une série d’activités liées aux médias autour de sa galerie commerciale (d’où son nom, d’ailleurs).

Seule la RTBF s’y est installée depuis lors. La collaboration avec le Pôle Image de Laurent Minguet a avorté. Quant au complexe cinéma de dix salles (revu depuis à la baisse à six), il ne sort toujours pas de terre.

On sait que Kinépolis a déjà menacé de fermer son complexe du Palace, rue Pont d’Avroy, si jamais ce projet baptisé Médiaciné voyait le jour. Les Grignoux, eux, craignent tout de même une certaine concurrence et l’impact de la fermeture du Palace pour l’ambiance nocturne du centre-ville.

Quant aux 11 millions prévus pour le construire, on sait que les promoteurs ne disposent pas de cette somme et qu’ils ont fait appel à 5 millions d’aides de fonds publics via Meusinvest et la SRIW.

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