Le référendum en Grèce en 5 questions

Près de dix millions d’électeurs grecs sont appelés dimanche à voter oui ou non aux mesures d’austérité et de réformes proposées par les créanciers du pays, UE et FMI, lors d’une procédure de référendum exceptionnelle, organisée en seulement neuf jours.

Le dernier référendum en Grèce a eu lieu il y a 41 ans, en 1974. Il avait décidé de la fin de la monarchie au profit de la République.

1. Quelle est la question du vote ?

La question soumise aux électeurs est la suivante : «  Faut-il accepter le plan d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de l’Eurogroupe du 25 juin, qui est composé de deux parties : +Reforms for the completion of the current program and beyond+ (Réformes pour l’achèvement du programme en cours et au-delà, en anglais dans le texte sur les bulletins) et « Preliminary debt sustainability analysis » (Analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette, en anglais dans le texte sur les bulletins) ».

Il s’agit des contre-parties demandées par les créanciers de la Grèce en échange d’une prolongation de leur soutien financier jusqu’en novembre, pour un total de 12 milliards d’euros de la part des Européens, plus un versement de 3,5 milliards d’euros du FMI.

Mais ces propositions, inacceptables pour le gouvernement grec, n’étaient valables que tant que la Grèce bénéficiait d’un programme d’assistance financière internationale. Or ce programme a pris fin le 30 juin.

Sur le bulletin de vote, le « n’est pas accepté/non », soutenu par le gouvernement de la gauche radicale Syriza d’Alexis Tsipras, figure au-dessus du « accepté/oui ».

2. Pourquoi ce référendum ?

Après cinq mois de négociations infructueuses avec les créanciers, le Premier ministre Alexis Tsipras a créé la surprise dans la nuit du 24 au 25 juin en annonçant l’organisation d’un référendum sur les mesures proposées par les créanciers.

L’objectif du gouvernement est, en cas de victoire du non, de renforcer « le pouvoir de négociation » d’Athènes vis-à-vis des créanciers et de conclure « un meilleur accord » avec eux dans « le cadre de la zone euro », selon le gouvernement.

3. Qui soutient quoi ?

Les deux partenaires de la coalition gouvernementale, le parti de gauche radicale Syriza d’Alexis Tsipras et la droite souverainiste ANEL, soutiennent le non, de même que les néonazis d’Aube Dorée.

Le oui est soutenu par les partis d’opposition : Nouvelle Démocratie (droite), le Pasok (centre-gauche) et To Potami (centre-gauche).

Le Parti Communiste (KKE) appelle à voter nul.

Quant aux votants, il y a 9.855.029 personnes inscrites sur les listes électorales. Les électeurs pourront se rendre dimanche dans 19.159 bureaux de vote à travers tout le pays.

Pour encourager la participation et permettre aux Grecs de rejoindre leur lien d’inscription, les péages seront gratuits et il y aura des réductions sur le prix des billets de train, des bus interurbains et des vols domestiques.

Les citoyens issus d’autres pays de l’Union Européenne n’ont pas le droit de participer à ce référendum.

Comme pour chaque élection, le million de Grecs résidant à l’étranger doit faire le déplacement jusqu’en Grèce s’il veut voter, ce que peu d’entre eux devaient avoir eu le temps d’organiser.

4. Quel est l’enjeu ?

Pour les créanciers qui ont multiplié les appels à voter oui, un non signifierait le rejet de l’euro, ou à tout le moins un saut dans l’inconnu pour les relations de la Grèce et la zone euro.

Une victoire du oui remettra en cause la légitimité du gouvernement : le ministre des Finances Yanis Varoufakis a déjà prévenu qu’il démissionnerait si le oui l’emporte.

Les bureaux de vote seront ouverts de 07H00 (04H00 GMT) à 19H00 (16H00 GMT). Les premiers résultats sont attendus vers 21H00 (18H00 GMT). L’heure de proclamation des résultats dépendra de l’écart entre le oui et le non.

5. Combien ça va coûter ?

Le ministère de l’Intérieur estime à un peu moins de 25 millions d’euros le coût total du référendum, moitié moins que les élections du 25 janvier dernier, qui ont porté au pouvoir le parti Syriza.