Etalle: la scierie Dusausoit achetée par Mobic

C’est une entreprise familiale historique qui vient de passer la main. La scierie Dusausoit, située le long du chemin de fer à Croix-Rouge, à mi-chemin entre Etalle et Virton, a été rachetée par l’entreprise liégeoise Mobic. C’est effectif depuis ce 1er juillet. Dusausoit s’appellera désormais Scidus, ses nouveaux propriétaires ayant voulu garder quelque part un lien avec cette PME familiale.

L’entreprise de Pierre Dusausoit, qui avait succédé à son père, était spécialisée dans le sciage de feuillus, ce qui est désormais devenu très rare dans notre province, la plupart des scieries restantes, dont les « géants » comme Fruytier à Marche, travaillant les résineux. Dusausoit a surtout connu ses heures de gloire lorsque la SNCB utilisait des traverses en chêne sur ses lignes. Mais le coup fut dur lorsque la société ferroviaire décida il y a quelques lustres de passer au béton, jugé plus résistant. Puis, la mode du feuillu a décliné.

Pour Mobic, ce rachat est une belle opportunité pour ajouter une corde à son arc. Entreprise née sur les fondations d’une menuiserie située près d’Aywaille, Mobic a été créée en 1999. Spécialisée dans la construction en bois, et plus spécialement en ossature et structure bois, Mobic, située à Harzé (Aywaille), totalise aujourd’hui une quarantaine d’emplois, tous secteurs confondus (production, commercial, secrétariat).

Pourquoi s’est-elle intéressée à la scierie gaumaise ? « On voulait étoffer notre activité, commente Thierry Compère, directeur technique. Pour l’instant, nous travaillons uniquement le résineux. Nous n’avons pas de scierie, uniquement une unité de traitement et d’aboutage, et un centre de montage d’ossature et de charpente. On achète donc du bois séché et scié, pour confectionner nos panneaux. Désormais, nous aurons notre propre scierie. Nous travaillerons les résineux, moyennant quelques adaptations, mais on veut également utiliser à court terme du bois feuillu dans notre production. On peut l’utiliser pour du bardage intérieur, du contre-lattage, mais pas pour des pièces structurelles. On s’ouvre ainsi plusieurs portes mais le résineux restera évidemment majoritaire. »

Sciage et séchage à Etalle, seconde transformation à Harzé

« Nous avons en effet un ambitieux programme de recherche et développement pour la construction bois, poursuit Patrick Moutchen, administrateur-délégué. Nous allons produire pour nous mais aussi pour des tiers. Il s’agira de produits à haute valeur ajoutée. Nous allons investir 5 millions d’euros dans les 2 - 3 ans à venir. Nous allons continuer à scier jusque là pour maintenir l’emploi. »

Deux employés de Mobic sont sur le site gaumais depuis mars, mais la PME est effectivement propriétaire depuis ce 1er juillet. Mobic a gardé le personnel (5 emplois, dont un départ en pension) et a engagé un commercial, un responsable de production et une secrétaire. « L’outil n’est pas du tout délabré et nous garderons les deux lignes de production. Nous allons les adapter et nous investirons dans du nouveau matériel pour pouvoir travailler le résineux d’ici la fin de l’été, poursuit Thierry Compère. Dusausoit travaillait plutôt des longueurs de bois de 3 à 6 mètres, alors que nous utilisons plutôt des pièces de 13 mètres. Nous travaillerons donc par abouttage. Nous scierons à Etalle, nous sécherons le bois fini sur place (résineux et feuillus) puisqu’il y a un séchoir et la seconde transformation se fera à Harzé. »

La PME liégeoise a le vent en poupe et son chiffre d’affaires est en croissance. « On traite actuellement 3500 m3 de bois, mais la production est à la hausse. Nous avons quelques gros marchés à venir. »