Bruxelles: le fruit des Passions à nouveau mûr

Le Pavillon des Passions humaines, au Cinquantenaire, a été restauré.

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L’histoire de ce pavillon mythique fut tout sauf un long fleuve tranquille, notamment en raison de la mésentente entre deux fortes personnalités artistiques : Victor Horta d’un côté, jeune architecte de 29 ans encore peu connu à l’époque et qui se voit confier en 1890 la construction du pavillon en guise de première commande publique ; Jef Lambeaux de l’autre, sculpteur qui a 38 ans en 1890 et qui travaille depuis quatre ans déjà sur un gigantesque relief en marbre, illustrant les passions humaines.

Le relief achevé en 1898, le pavillon peut être ouvert officiellement le premier octobre de l’année suivante. Mais à peine trois jours plus tard, le pavillon ferme une première fois suite au mécontentement de Jef Lambeaux en raison de sa visibilité depuis le parc et de son éclairage.

En 1906, Victor Horta consent à revoir ses plans pour permettre la fermeture de la façade. Des travaux qui seront entrepris en 1909 pour une durée d’un an, mais dont Lambeaux n’aura jamais connaissance puisqu’il meurt en 1908. Les colonnes de la façade principale seront avancées pour permettre la construction d’un mur conformément à ce que souhaitait Lambeaux.

Il faudra alors attendre près de 70 ans pour qu’on reparle de ce pavillon, plongé dans les affres de l’oubli et du délabrement entre-temps, lorsqu’il devient classé en 1976 en même temps que le relief. Deux ans plus tard, le roi Baudouin cède le terrain au roi Khaled d’Arabie Saoudite et en 1979, l’Etat belge valide le don par une concession à l’ASBL Centre islamique et culturel de Belgique, courant jusqu’en 2068, pour y établir la Grande mosquée de Bruxelles.

En 2002, le pavillon Horta-Lambeaux est ouvert une à deux heures quotidiennement mais il ferme à nouveau ses portes pour cause de restauration en 2011. Après des travaux financés par Beliris (résultat d’une synergie entre l’Etat fédéral et la Région de Bruxelles-Capitale) à hauteur de 770.000 euros de mai 2013 à août 2014, la réouverture est possible. Pour l’entretien du relief, un dépoussiérage quinquennal, dont le premier a eu lieu en septembre 2014, est désormais prévu.

Le relief, sculpté dans dix-sept blocs de marbre de Carrare, fait douze mètres de long sur huit mètres de haut. Il représente une allégorie des plaisirs et des malheurs de l’humanité, présidés par la Mort qui se trouve en haut et au centre du panneau. Le registre inférieur figure la Maternité, la Séduction, le Suicide, les Trois âges de l’Humanité et enfin le Meurtre symbolisé par Caïn et Abel, tandis que le registre médian représente lui la Débauche, la Joie par le biais des Bacchanales, le Viol, la Guerre et finalement le Remords avec Adam et Eve. Notons encore dans le coin supérieur droit une figure christique sur une croix, entourée de Dieu le Père et des trois Parques.

Le pavillon ne possédant ni chauffage, ni électricité, son ouverture au public de fin mars à fin octobre est tout simplement rythmée par les saisons et les changements d’heure. Le bâtiment nécessitant en plus la surveillance d’un garde en permanence est un autre élément qui explique son ouverture parcimonieuse selon les saisons, et selon les jours de la semaine. Un ticket à 2,50 euros en vente au musée du Cinquantenaire, donnant tant accès au pavillon qu’au Musée du Cinquantenaire, vous sera enfin demandé pour pouvoir pénétrer dans le saint des saints.

Le pavillon est ouvert le mercredi de 14 à 16 h et le week-end de 14 h à 16 h 45.

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