L’Allemagne a prêté 87 milliards à la Grèce, la Belgique 11 (carte interactive)

Combien les pays de la zone euro ont-ils prêté à la Grèce ? L’Allemagne arrive en tête avec 87 milliards, suivi par la France (66 milliards), l’Italie (58 milliards) et l’Espagne (40 milliards). Les Pays-Bas (19 milliards), la Belgique (11 milliards), l’Autriche (9 milliards) et la Finlande (6 milliards) suivent. D’autres pays, comme la Slovénie, ont prêté des sommes moins conséquentes (1,5 milliard) mais qui représentent tout de même 4 % de leur PIB.

La Grèce a bénéficié de différents programmes de prêts. Les prêts bilatéraux sont des prêts directs entre Etats. Les emprunts du FESF (Fonds européen de stabilité financière), les parts de l’Eurosystème sur la Banque de Grèce et la détention d’obligations grecques par l’Eurosystème sont des mécanismes de prêts dits indirects. Cela signifie que chaque pays est invité à verser une somme déterminée en fonction de son poids économique à une instance qui se chargera de la verser en cas de besoin à la Grèce.

Une dette privée devenue publique

A noter toutefois que la structure de la dette grecque a bien évolué depuis les deux plans d’aide accordés par l’Europe. Auparavant, elle était constituée à 80 % de bons du trésor échangeable sur les marchés financiers. Mais lorsqu’en 2009, il apparaît que le déficit grec est bien plus important qu’escompté, la valeur de ces bons s’effondre. Résultat, la Grèce ne trouve plus personne pour lui prêter de l’argent dans le secteur privé. C’est à ce moment qu’elle se tourne vers l’Europe, dont les banques sont menacées. Peu à peu, les entités publiques que sont le FMI, la BCE et les Etats membres de la zone euro remplacent les investisseurs privés pour détenir à ce jour 75 % de la dette grecque, contre 0 % avant le début de la crise.

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