Reconnaissance du génocide arménien: controverse et vote à la Chambre

La majorité a voté sa résolution mardi en commission parlementaire. L’opposition la juge insatisfaisante, incomplète, mais ne recale pas le texte.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

Les interprétations, parfois… Certains députés soutiennent que la résolution adoptée mardi en commission des Relations extérieures (la semaine prochaine en plénière) reconnaît bel et bien le génocide arménien, cela en renvoyant aux déclarations du Premier ministre à la tribune de la Chambre le 18 juin. Les autres jugent que, pas vraiment, elle reste en retrait, et que, pour éviter de heurter les autorités d’Ankara, elle omet d’affirmer noir sur blanc que le parlement fédéral reconnaît le génocide. Les premiers, ce sont les partenaires de la majorité, MR, N-VA, CD&V et VLD, qui ont voté pour le texte… majoritaire. Les autres, ce sont le PS, Ecolo, Groen, le CDH, le FDF, qui se sont abstenus, pour marquer leur désapprobation sans, pour autant, s’opposer en conclusion à un dispositif insuffisant à leurs yeux mais pas nul. Au milieu, le SP.A a voté, lui, et les amendements (rejetés par la majorité) préalables du PS, du CDH, du FDF, et, in fine, le texte de la majorité fédérale, un peu en signe de concorde.

Car avant cela, avant le vote donc, les débats ont été vifs en commission. Pour le MR, Daniel Ducarme a dit, répété, qu’à son sens, comme à celui de la majorité entière, les déclarations de Charles Michel, le 18 juin, avaient établi sans nuances la position de la Belgique, lorsque le Premier s’était avancé spectaculairement, reconnaissant le génocide arménien au nom de son gouvernement. Le chef de file libéral-réformateur : « Il reste juste, maintenant, au parlement, à accompagner cet acte historique, et je déplore l’attitude de l’opposition socialiste, qui veut faire un travail de mémoire sur le sujet mais a la mémoire défaillante à court terme, négligeant le discours du Premier ministre ». On en passe. Les socialistes ne sont pas restés au balcon. « Le MR tente de nous faire croire qu’il prend ses responsabilités, une des plus belles façons de les prendre eût été d’envoyer le Premier ministre MR ou le ministre des Affaires étrangères MR à Erevan, pour les commémorations du centième anniversaire du génocide, cela aurait été bien plus fort qu’une déclaration à la Chambre », a réagi Stéphane Crusnière (PS), disant ne pas comprendre que la majorité ne laisse pas à la Chambre l’opportunité de prononcer un « acte solennel fort » quinze ans – en 1998 – après le Sénat. Un « acte solennel fort » dont, juge-t-il, la proposition de résolution socialiste était porteuse quant à elle, reconnaissant le génocide expressément. Une résolution qui avait les faveurs des verts (Benoît Hellings l’a jugée équilibrée), mais recalée mardi, comme le texte du CDH, étendant la reconnaissance aux autres minorités concernées, les Araméens, les Syriaques, les Chaldéens, les Assyriens ou les Grecs pontiques, ainsi que la proposition FDF appelant à élargir au génocide arménien la loi pénalisant le négationnisme.

Dans la salle, en commission parlementaire, le correspondant de la chaîne NTV Turquie, Guldener Sonumut, commentait : « Toutes ces résolutions restent un peu stigmatisantes pour la Turquie et le gouvernement turc – la résolution CDH est christique –, mais c’est nuancé, on remet les choses dans leur contexte, c’est un progrès par rapport à tout ce que l’on a pu entendre auparavant… ».

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