Les e-gates: nouveaux douaniers de Zaventem

Les nouveaux portiques devraient réduire les temps d’attente avant d’entrer sur le territoire. Reportage.

Journaliste au pôle Multimédias Temps de lecture: 4 min

C’est en grande pompe que Brussels Airport a inauguré ses nouvelles «   e-gates   ». Le système affiche de nombreuses promesses : un passage plus rapide au poste frontière, un allégement des charges de travail pour les agents de police et un renforcement de la sécurité.

Reste à voir si les six «   e-gates   » les tiendront toutes. Ce qui est certain, en revanche, c’est que les nouveaux portiques en imposent. Sortes de portes mobib améliorées, les instruments sont high-tech, les flèches lumineuses et le matériel flambant neuf.

Seulement pour les arrivées

Concrètement, en descendant d’un avion qui arrive d’un pays hors-Schengen, les passagers emprunteront deux files différentes. D’un côté, les voyageurs européens ou belges, de l’autre, les autres. Si rien ne change pour les seconds, les premiers passeront au travers des fameux portiques et pourront directement réceptionner leurs bagages sans autre contrôle. En théorie et dans de bonnes conditions, le contrôle dure 20 secondes. Mais vendredi, lorsque les ministre et secrétaire d’état ont fait le test, il aura duré une bonne minute à chaque passage.

« Le contrôle en lui-même est plus long qu’un contrôle traditionnel, avoue Guy Cordeel, commissaire principal du Contrôle frontière à l’aéroport. Mais comme ces six portiques s’ajoutent aux guichets déjà existants, le gain de temps devrait être conséquent dans les deux files. Notre objectif est de faire passer un millier de voyageurs par heure au travers de ces six portiques. Cela allégera le travail des policiers présents aux guichets traditionnels et ainsi faire face aux 13 % de personnes supplémentaires qui passent par Zaventem chaque année ». Chaque jour, 12.200 personnes arrivent d’un avion en provenance d’un pays à l’extérieur de l’espace Schengen. Et les deux tiers d’entre eux disposent d’une nationalité européenne et seront donc concernés.

Pour l’heure, ces six portiques ne verront défiler que les voyageurs arrivant à Bruxelles. « Nous réfléchissons à implémenter le même type de dispositif pour les départs, mais ce n’est pas encore pour tout de suite. Des travaux sont en cours pour permettre la liaison entre les différents couloirs de l’aéroport », explique Anke Fransen, porte-parole de Brussels Airport.

Un contrôle d’identité plus fiable

L’argument avancé est aussi celui de la lutte plus efficace contre le terrorisme. Tout d’abord quant au contrôle de l’authenticité de la carte. Ensuite quant au contrôle d’identité en lui-même. «   La machine est fiable et fait peu d’erreurs », poursuit le commissaire. Si deux personnes se ressemblent vraiment, un policier peut se laisser duper si les documents d’identité ont été échangés. « La machine, elle, grâce à un système d’algorithmes très pointus, mesure le visage du voyageur et détectera un imposteur  », ajoute-t-il. Et de souligner que le système ne pose pas de problème au niveau de la vie privée puisque les photos prises par la porte ne sont pas stockées dans les systèmes de police.

Pas pour les enfants

Une limite, tout de même : le dispositif n’est pas adapté aux enfants de moins de douze ans. «   Le visage est encore susceptible de beaucoup changer à cet âge   », explique Anke Fransen. Du coup, pour les enfants et leurs accompagnants, les contrôles conventionnels restent d’application.

En effet, si on est adepte de la méfiance envers la technologie, le contrôle policier conventionnel reste possible. Tout le monde a encore le choix. Les Européens peuvent donc décider de passer via le contrôle d’un policier plutôt que par l’e-gate. «   Cela marche aussi dans l’autre sens, plaisante Peter De Waele, porte-parole de la police fédérale. Si l’on n’a pas confiance en les agents de police, on peut opter pour les e-gates   ».

 

Mode d’emploi

1. Entrez

Lorsque le voyageur passe la première porte, celle-ci se referme derrière lui. Il est alors immobilisé dans un sas. Un lecteur de cartes, un écran et un capteur photo à sa droite.

2. Pointez

Il doit alors entrer sa carte d’identité dans un lecteur ou poser son passeport sur un scanner. L’appareil prend connaissance de l’identité du voyageur et vérifie dans les données de la police si l’individu est fiché.

3. Souriez

Entre-temps, un capteur photo se déploie, prend un cliché du voyageur. Il compare l’image avec la photo présente sur son document d’identité.

4. Sortez…

Si les deux clichés concordent, une flèche verte et lumineuse apparaît, la porte s’ouvre, le passager récupère son document et peut aller récupérer ses bagages.

5. … ou pas

Si au contraire, la porte reste close, soit le document ne correspond pas à la photo, soit le document est un faux, soit le voyageur est fiché, soit l’appareil se trompe. L’agent de police qui attend de l’autre côté des portes reçoit alors une alerte sur smartphone sous la forme d’un pop-up et fait passer un contrôle standard au passager.

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