Redu/Transinne: les deux centres spatiaux font la paire

Le ministre Jean-Claude Marcourt s’est rendu sur le double site spatial où se multiplient les activités. De nombreux projets de développement sont encore sur la table.

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 4 min

Redu, Transinne, version « espace ». Le ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt s’est plongé ce vendredi matin dans cet univers spatial unique en Belgique, entre monde scientifique, économique, pédagogique et touristique. Entre réalité, projets et espoirs aussi…

Car les deux sites en nourrissent, des espoirs. A Redu, à un jet de satellite du village du livre, les gestionnaires de l’Agence spatiale européenne (ESA) ont refait le point sur la réalité de ce site versé sur le spatial et les télécommunications. Karim Michel Sabbagh, président de la société SES (Société européenne des satellites), basée au Luxembourg, 2e opérateur mondial de satellites de télécoms, a souligné « toute l’importance du centre ESA pour SES, par l’opportunité de développer et d’exploiter des solutions spatiales pour des tiers. » SES est un acteur principal du site de Redu puisque lors de son arrivée en 2007, SES fonctionnait avec 37 personnes pour plus d’une centaine aujourd’hui. Et SES souhaite accroître les synergies sur le long terme des activités à Redu, via sa filiale belge RSS. « Nous sommes ravis d’avoir pu négocier une continuité du contrat de maintenance et d’opérations pour l’ESA jusqu’en 2022, ce qui était un gage de stabilité pour nos activités sur le site, via un accord signé en avril 2014. Mais à côté des missions pour l’ESA, SES veut aussi développer d’autres activités au départ de Redu, liée à Galileo, le programme européen de navigation, pour assurer au départ de Redu la fiabilité des services de navigation et se positionner ainsi sur l’échiquier international de l’industrie spatiale. » Mais SES négocie aussi avec Airbus pour développer à Redu des activités qui s’étendront sur 19 ans au moins.

Enfin, et le ministre Marcourt veut y croire, la Wallonie a déposé sa candidature au niveau européen pour que Redu soit le centre européen de sûreté et de sécurité des informations via les systèmes spatiaux. « Redu est stratégiquement bien situé, dans un lieu déjà sécurisé et proche des centres de décision de l’Union européenne et de l’agence de défense européenne. »

Dernier secteur qui s’est développé à Redu, la formation des jeunes étudiants, des universitaires et enseignants, via un centre éducationnel de robotique installé opérationnel depuis avril. Pour le ministre Marcourt, « force est de constater que les métiers de l’espace sont parfois boudés par les jeunes. Il est dès lors important via des journées de sensibilisation et d’expositions organisées au Space Center voisin de démythifier les découvertes dérivées de la conquête spatiale. »

Un Euro Space que le ministre a visité dans la foulée, dont ses nouvelles expositions et installations scientifiques et culturelles dédiées à la lune, réalisées ces dernières semaines (Le Soir du 7 juillet). L’ESC est depuis dix ans une structure qui tourne et fait des bénéfices, elle emploie 40 personnes, une de plus chaque année. « Une vitrine nationale et internationale qui accueille 50.000 visiteurs, de 50 nationalités, pour son parcours spectacle et 30.000 stagiaires des 5 continents, relève Jean-Marcel Thomas, son directeur. Mais le bâtiment a besoin d’un relooking. »

Le message à la Région est clair pour l’ESC qui n’a pas été retenu dans le cadre du programme Feder, ce qui a fait mal. Le budget demandé était il est vrai énorme, près de 20 millions pour développer tant le centre d’entreprises voisin Galaxia qui est quasiment complet que pour relifter complètement l’Euro Space lui-même. « Nos 205 lits sont souvent complets et je dois loger nos stagiaires à Bouillon, Namur, poursuit J-M. Thomas. On est coincé dans nos salles, nos labos. On nous envie mais il faut nous donner des moyens de nous développer. » Ce sera le défi des prochains mois et années, d’autant plus qu’Idélux veut positionner l’ESC comme un centre européen de référence en matière de sensibilisation à l’espace et aux sciences connexes, dira Elie Deblire, président d’Idélux.

On le voit, tant à Redu qu’à Transinne, le spatial a des réalités reconnues mais aussi beaucoup d’espoirs de développement.

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