Sexisme à Wimbledon: partout, par tout temps, et pour tous (et toutes)…

Tennis, sport sexiste  ? La chronique de Thierry Wilmotte.

Journaliste au service Sports Temps de lecture: 3 min

Le débat n’est pas nouveau. Mais il aura à nouveau rythmé la quinzaine londonienne. Et peut se résumer ainsi : « Le tennis, sport sexiste », avec ou sans point d’interrogation. En début de tournoi, le sujet avait été lancé alors que le thermomètre affichait une température de plus en plus insupportable sur le All England Club, pour atteindre les 35,7ºC le mercredi de la première semaine, et établir ainsi un nouveau record de chaleur. A Wimbledon bien sûr, mais également dans toute la Grande-Bretagne !

Avant que cette vague de chaleur ne s’abatte sur le tournoi, le superviseur de celui-ci avait adopté la « heat rule », une « règle de canicule » plus souvent invoquée en Australie qu’en Europe, qui permet aux (seules) femmes de réclamer un arrêt de 10 minutes entre le 2e et l’éventuel 3e set (décisif) de leur match, à condition que le thermomètre dépasse les 30,1 degrés. Sachant que les hommes n’ont pas le droit d’invoquer cette règle, et qu’ils ont minimum 3 sets à jouer, les premiers grognements s’étaient fait entendre.

Plus tard dans le tournoi, Caroline Wozniacki et sa copine Serena Williams se sont à leur tour indignées qu’« une fois de plus, il y a davantage de matchs hommes programmés sur les gros courts (NDLR : Central, 1 et 2), alors que nous méritons autant que les hommes de jouer sur de grands courts et (donc) devant une assemblée plus nombreuse ».

Deux sujets de débats, parmi d’autres, qui auront donc alimenté cette quinzaine, comme ils alimenteront sans doute les suivantes, au gré des événements, plus ou moins favorables aux hommes ou aux femmes engagés dans ces compétitions au sommet.

Une chose demeure : depuis 2007, les tournois du Grand Chelem distribuent des prize-money équivalents aux hommes et aux femmes. Ces dernières avaient réclamé la chose depuis un certain temps. Une réalité qui avait valu une polémique, déjà, lancée il y a 3 ans à Wimbledon, par Gilles Simon qui s’était indigné de constater cette parité « alors que les hommes jouent deux fois plus que les femmes, et que ceux-ci attirent beaucoup plus de spectateurs » – un argument qui peut d’ailleurs aller de pair avec le fait que les hommes sont plus régulièrement invités à jouer sur les gros courts… Cela avait notamment valu au champion français de se faire reprendre de volée par sa compatriote Marion Bartoli qui avait notamment rétorqué que « sur le plan mental et physique, ainsi qu’en matière d’entraînement ou d’engagement au quotidien pour leur sport, les femmes en font autant que les hommes et méritent donc de gagner autant que leurs homologues masculins. »

Inutile d’aller plus avant dans la polémique. La lecture du tableau ci-contre permettra seulement de constater que le prize-money n’offrait qu’une faible différence entre hommes et femmes avant 2007, et que la dotation réservée aux joueurs a pratiquement doublé en 5 ans, pour dépasser les 2,5 millions d’euros par vainqueur cette année ! Pour le surplus, on constatera que si les femmes n’ont pas chaque fois joué « moitié moins longtemps que les hommes à Wimbledon », cela a au moins été le cas de Petra Kvitova par rapport à Novak Djokovic l’an dernier. De quoi permettre à la Tchèque d’amasser un salaire horaire de l’ordre de 260.000 euros en 2014, pendant un peu moins de 10 heures d’effort.

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