Walhain-Saint-Paul, du passé au futur

Découverte des sous-sols de l’ancien palais et d’anciens fours. Objectif : découvrir un site entre Charlemagne et Napoléon. La commune espère que les fouilles ne seront pas comblées.

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

Magnifique site. Bien sûr, il ne reste plus que quelques pans de murs debout, ainsi qu’un des premiers donjons ronds construits dans nos régions, mais l’on sait que l’on a vécu là entre Charlemagne et Napoléon. D’où des fouilles entreprises tout ce mois de juillet (1) pour tenter d’en savoir plus sur les lieux que la commune souhaite un jour pouvoir ouvrir plus régulièrement au public.

Depuis 1998, sauf deux années faute de candidats, le château de Walhain-Saint-Paul fait l’objet de courtes fouilles par des équipes belgo-américaines suite à un accord conclu entre le professeur honoraire de l’UCL Raymond Brulet, et son successeur Laurent Verslype, et le professeur Bailey K. Young, de l’Eastern Illinois University.

Pour l’UCL, il s’agit d’étudiants en stage, comme Coralie Lechat, en master d’archéologie, qui était occupée ce jeudi après-midi, « à établir une stratigraphie des caves » de l’ancien palais, tandis que les étudiants américains sont en premier cycle et viennent parfaire là leur culture générale tout en mettant la main à la pâte, à l’instar de David Kapplovitz, du Michigan, en visite pour la première fois en Belgique, et qui a eu la chance de « découvrir notamment quelques morceaux de poterie ».

Corroborer les archives

« Des archives sur ce château, on en dispose de plusieurs sources, sourit le professeur Young. Notre travail est de découvrir comme ce site militaire s’est transformé en domaine nobiliaire. Il y a ce donjon peu commun, qui témoigne de l’évolution militaire avec cette forme ronde typique de l’époque de Philippe II de France, qui permet une meilleure défense qu’un donjon carré. C’est vrai qu’à l’époque on était en pleine guerre entre le duché de Brabant et le comté de Namur, deux territoires que le Duc de Bourgogne a “avalé”. D’où la transformation de la forteresse en palais, avec l’occupation des lieux par les seigneurs de Glimes, avant que le château ne devienne le centre d’un domaine agricole. D’où la présence de fours qui ont pu servir à la fabrication du pain, pour la bière ou une forge. De quoi corroborer les différentes archives. »

Et Erika Weinkauf, assistante au Centre de recherche d’archéologie nationale (Cran), de l’UCL, d’insister : « Ces lieux, cédés à l’Institut du Patrimoine wallon en 2010, ont été abandonnés pendant des années et n’ont jamais fait l’objet de fouilles dignes de ce nom. Ce que l’on trouve ici, ce ne sont pas des trésors ou des pièces anciennes, excepté quelques pièces des années 50 ou du roi Baudouin, ce qui montre que les lieux ont été visités, mais les découvertes nous permettent de mieux découvrir toute l’histoire d’un site. »

Un château que la commune de Walhain souhaite voir protéger. L’échevin Philippe Martin (Wal1), par ailleurs président de l’Office du tourisme qui gère désormais les lieux, rêve que l’on puisse consolider les pierres restantes, afin de pouvoir organiser des concerts ou des marchés médiévaux en ces lieux : « Nous avons un projet de près d’un million d’euros, avec des subsides wallons à obtenir, mais il nous faut trouver un architecte spécialisé en la matière. J’aimerais aussi que l’on ne rebouche pas systématiquement les découvertes, mais que l’on mette en place des systèmes qui permettent des visites didactiques, notamment à destination des écoles. Comptons dix ans avant d’y parvenir… »

(1) Ouverture du site ce 21 juillet, de 9 h à 17 h. Rens : 010-65 32 16.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
La Une Le fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une