Jean-Claude Juncker: «Charles Michel a une approche rationnelle»

Le président de la Commission européenne a reçu Le Soir dans son bureau du Berlaymont ce 21 juillet. Jean-Claude Juncker est revenu pour la première fois en interview sur l’accord avec la Grèce. « On a évité le pire, non pas parce qu’on était excessivement sage mais parce qu’on avait peur. C’est la peur qui a permis l’accord. Après la peur, il y a toujours le soulagement », explique le Luxembourgeois.

Il salue le choix de Tsipras d’avoir accepté de se mettre une partie du parti à dos et considère que «  Tsipras s’est « hommed’étatisé », parce que soudain, il a eu l’impression que s’il allait au bout de sa pensée, ce serait la fin pour la Grèce ».

Il estime aussi que « la Grèce a tort de se sentir humiliée, parce que, notamment, la Commission a tout fait pour arrondir les angles ». Le président de la Commission se dit « inquiet sur le futur des choses », non pas sur le cas précis de la Grèce mais pour l’Europe car il a constaté « comme sur la migration, une rupture factuelle des liens de solidarité ».

Il pointe du doigt « les vieux démons, les ressentiments nationaux contre les autres qui sont toujours vivants ». Et il va encore plus loin expliquant que « les Européens n’aiment pas l’Europe, qui est en mal d’explications. La construction européenne, née de la volonté des peuples, est devenue un projet d’élite, ce qui explique le fossé entre les opinions publiques et l’action européenne. »

Il revient sur la place du Premier ministre belge dans les négociations:« Charles Michel a une approche rationnelle. Mais ses interventions sont parmi les plus remarquables, car il ’jette sur l'Europe un regard ’d'ensemble, il essaie de re-contextualiser».

La suite de l'entretien dans le journal de ce mercredi