Le 11h02: «Une hausse de la TVA sur l’électricité n’a pas un effet positif sur l’économie»

Le gouvernement Michel, réuni au château Val Duchesse, doit dégager 978 millions d’euros pour maintenir le budget de cette année en équilibre. Une des mesures semble acquise: une hausse de la TVA sur l’électricité, un peu plus d’un an à peine après son passage de 21 % à 6 % sous le gouvernement Di Rupo. Ce retour en arrière se justifie-t-il ?

Quel serait l’impact d’une hausse de la TVA sur l’électricité ?

La hausse de la TVA sur l’électricité, c’est invendable, assez catastrophique en termes d’image. Et ça n’a pas un effet positif sur l’économie. C’est un drôle de débat. En novembre 2013, le gouvernement Di Rupo a décidé de la faire passer de 21 % à 6 %. Avec des motivations douteuses. Et une mise en application en avril 2014, soit juste avant les élections. Ce qu’on a peu dit, c’est qu’il s’agissait en fait de faire baisser l’indice santé, le « panier de la ménagère », afin d’éviter un débat, au sein de la majorité précédente, sur le saut d’index. Et un an et demi plus tard, on parle de la faire remonter. Pour un ménage moyen, cela correspondrait à une hausse de 100 euros par an. Dès lors, l’indice santé va être impacté. Et donc l’indexation des salaires va intervenir plus tôt que prévu, le Bureau du Plan parle de quatre mois. Et cela compensera partiellement la hausse sur la facture. Mais cela handicapera aussi les entreprises en termes de compétitivité. Le défi actuel, c’est de trouver une mesure qui coûterait moins cher qu’une baisse de la TVA, et qui rapporterait autant en termes de croissance et d’emplois… Va-t-il y avoir d’autres propositions ? On verra. Par exemple un « chèque-électricité » pour les plus bas revenus. Car ce sont eux qui, proportionnellement, seraient le plus touchés par une hausse. Mais à l’heure actuelle, et selon la formule consacrée, tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien.

Ce serait une bonne idée d’augmenter la TVA sur l’électricité ?

Le sujet était inévitable. Ce n’est plus un tabou. La baisse de la TVA sous la législature précédente était intéressante en termes d’emplois, mais pas en termes environnementaux et la Commission européenne était contre. Aujourd’hui, la question est de savoir, si on l’augmente, quelles mesures seront prises en contrepartie afin de doper la croissance, la compétitivité des entreprises. Il faudra une compensation. Peut-être dans le cadre d’un tax-shift et d’une baisse des cotisations sur le travail.