«Gouvy, c’est comme si on jouait dans le jardin d’un ami»

Gouvy Jazz & Blues, c’est une institution. Deux jours de jazz, un jour de blues. Pour la 36e fois. Avec Stéphane Belmondo, Manu Dibango, Myrddin. Et Sal La Rocca à deux reprises

Responsable des "Livres du Soir" Temps de lecture: 3 min

Cela se passe à la Ferme de la Madelonne. Chez Claude Lentz. Dans son jardin, sous les grands arbres. C’est convivial, agréable (enfin, quand il fait beau), la bière gouleye, les saucisses fristouillent. Et le programme est de belle classe. Le vétéran Manu Dibango, son sax, ses rythmes et sa bonne humeur. Le trompettiste français Stéphane Belmondo qui vient, en trio, avec Thomas Bramerie à la batterie et Jesse Van Ruller à la guitare, rendre hommage à Chet Baker. Myrddin, le guitariste belge, qui sera entouré d’une chanteuse et d’une danseuse.

Et puis il y a Sal La Rocca. Le contrebassiste belge sera deux fois sur la scène principale de Gouvy. Le vendredi avec son Sal La Rocca Band : Pascal Mohy au piano, Mete Erker au sax ténor, Lorenzo Di Maio à la guitare et Marc Schilder à la batterie. Et le samedi avec le Dani Klein & Sal La Rocca Quartet, qui comprend outre la chanteuse de Vaya Con Dios, Tim De Jonghe à la trompette et William Lecomte au piano.

Jouer en festival, c’est autre chose que d’être sur une scène habituelle ?

Oh oui ! En général, en été, on joue à l’extérieur et le son est très différent, il n’y a pas de réverbération de la salle. J’aime jouer en plein air.

A Gouvy, vous serez sous chapiteau.

C’est encore un son tout à fait particulier. Il y a peu de réverbération, le son est absorbé. Il y a une couleur différente. Et puis le public est plus nombreux que dans un club ou un centre culturel.

Et à Gouvy, c’est encore particulier ?

Gouvy a un petit côté campagnard, festif. C’est comme si on jouait dans le jardin ou le champ d’un ami. C’est un des plus vieux festivals de Belgique. Et j’ai joué là il y a bien longtemps, quand j’étais tout jeune, avec Mal Waldron et Jacques Pelzer, ils sont morts tous les deux.

Avec la guitare de Lorenzo Di Maio, le Band est-il influencé par le rock ?

La guitare de Lorenzo reste semi-acoustique, très jazz, sans distorsion. Mais ma musique connaît des influences funk et soul. Mais dans l’esprit jazz. On peut parler de parfum funk et soul.

Et avec Dani Klein ?

Là c’est vraiment différent. On joue sans batterie. Ce groupe est une sorte de défi. On l’a inauguré au Marni en début d’année. Et ça marche pas mal, depuis. Dani interprète des chansons de Billie Holiday, mais des chansons plus optimistes que celles qu’on reprend d’habitude. Parce que Billie avait aussi un côté joie de vivre. On a repris les arrangements de l’époque. On en reproduit le parfum.

Passer d’un jour à l’autre à deux musiques bien différentes, c’est aisé ?

Je n’éprouve pas de difficulté, non. Je suis professionnellement amené à jouer des musiques très différentes.

Un contrebassiste leader, c’est inhabituel.

Tous les grands contrebassistes ont un jour eu leur groupe. Ça fait partie du voyage, d’une vie. Des contrebassistes en profitent pour se mettre en avant. Moi, je garde ma place. Je suis le chef, mais à l’arrière.

Mais ça vous donne davantage de responsabilités.

En effet. Ce sont mes morceaux qu’on joue avec le Band. Quand tu es sideman, tu t’occupes de ton rôle, c’est tout. Ici, je dois tout vérifier. L’attention et la tension sont beaucoup plus fortes. C’est mon monde, c’est ma musique. Mais je ne suis pas intransigeant, directif. Je laisse beaucoup de liberté à l’expression des autres. C’est bien plus intéressant que de mettre les musiciens en cage.

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