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Mystère du MH370: comment les débris se sont-ils retrouvés à La Réunion?

L’océan Indien est un océan complexe... Les explications océanographiques.

Temps de lecture: 2 min

La localisation des débris d’avion correspond aux prédictions effectuées par un modèle informatique conçu par le Pr  Charitha Pattiaratchi, océanographe à la University of Western Australia. Partant de l’hypothèse d’un crash au large des côtes sud-ouest de l’Australie, il avait évalué le déplacement des pièces en fonction des courants probables au fil des saisons.

Le transport aurait été principalement effectué par le courant de surface « sud-équatorial » (CSE), partant de la côte australienne pour se diriger vers l’ouest, avant de cambrer vers le nord à hauteur de Madagascar. Il sépare le vortex cyclonique tropical au nord de celui anticyclonique subtropical au sud. L’île de La Réunion étant en plein sur sa route, la conclusion a l’air d’une simplicité enfantine.

Et pourtant, s’il est bien un océan dont les courants sont ardus à appréhender, c’est bien l’océan Indien.

La raison ? Le régime des moussons provoqué par l’importante masse continentale asiatique bordant la partie boréale de l’océan Indien.

Bien que les moussons éclatent principalement sur la partie boréale (donc la bordure nord) de l’océan, leur météorologie particulière influence fortement les courants de surface jusqu’aux latitudes australes (de 10 à 20º S), en passant par le courant sud-équatorial (CSE), qui est le courant qui nous intéresse dans cette affaire.

Et pour faire plus compliqué encore, l’océan Indien s’est doté de deux périodes de moussons différentes, caractérisées par des vents aux directions opposées : l’une estivale, dite « mousson du sud-ouest » s’étendant de juin à octobre, et une autre hivernale, dite « mousson du nord-est », qui souffle de décembre à avril. Les mois de mai et de novembre sont des périodes de repos, avant le passage de la mousson suivante.

Il est connu des océanographes que le flux du CSE (sa vitesse dépasse rarement 0,3 m/s) est plus fort durant la mousson d’hiver.

Mais pour parvenir à déterminer précisément l’endroit où l’avion s’est abîmé dans l’océan, les modélisateurs vont donc devoir analyser les données satellitaires depuis le moment du crash jusqu’au jour de la découverte des débris.

Ils vont passer au crible la succession des anticyclones et des dépressions, mais aussi les températures d’eau de surface et la direction des vents.

« En faisant des simulations à partir des images satellites, en les reprenant en sens chronologique inverse, on saura d’où viennent les débris », souligne Joël Sudre, ingénieur océanographe au CNRS.

Selon ce scientifique, interrogé par l’AFP, cela ne prendra pas plus de quelques jours.

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