500 milliards d’euros – tu rigoles ou quoi? Pourquoi la Grèce est un VRAI jackpot?

J’ai vu l’avenir en Grèce cet été. Le nôtre. Rien ne vaut que de voir le terrain pour s’inspirer et se faire son opinion pragmatique et concrète. Pensez-vous vraiment qu’avec notre taux d’endettement et l’économie qui plafonne, nous échapperons à cette remise en question en Belgique ? Si oui, va falloir arrêter de rêver. Et vite. Très vite. Car d’ici 2020 la proportion de notre endettement total par rapport au PIB dépassera mécaniquement les 400 %, même en Belgique.

Mais la Grèce, où en est-elle ? 10.8 millions d’habitants sur 4x la surface de la Belgique, 317 milliards € de dette publique, une économie en lourde récession continue depuis 2008, au total, avec endettement privé et d’entreprise, grosso modo un demi-trilliard d’euros. Soit 50.000€ par habitant, ou 300.000€ par famille de 6 – autant dire que le calcul est vite fait. Jamais elle ne sera remboursée.

Jamais non plus les recettes économiques « anciennes » ne donneront des résultats fiables, même à court terme. Elles ont largement prouvé leur inefficacité, voir carrément été désastreuses. Pour mieux comprendre, allez voir les quartiers non touristiques d’Athènes, et les villages en dehors des villes. No chance.

Comment se fait-il que la garde prétorienne de la Troïka puisse continuer à rêver à si court terme qu’un Saint-Nicolas vienne comme par magie couvrir leur gargantuesque tonneau de Danaïde ? Va falloir prendre sa perte…

Nous, pères et mères de famille, avons du souci à se faire par rapport à comment nous sommes dirigés. Incompétence ? Naïveté ? Corruption passive ? Je suis perplexe. J’entends même dire par des gens très haut placés et aux premières loges : « Mais tout va bien Michel, tout redeviendra comme avant, ça va continuer – pas besoin de se mettre en question ». Cela me choque.

Comment voulez-vous que le citoyen, sevré pour toujours des endormissements hypnotiques incantatoires des médias pilotés par le politique et le big business, puisse donner un gramme de crédibilité à ces obscurs groupes qui nous dirigent vers le chaos – totalement déconnectés d’une réalité de terrain intransigeante ? Ces citoyens exsangues et désillusionnés, de mieux en mieux informés, que vont-ils faire ce jour-là ? Qui vont-ils blâmer ? Qui vont-ils lyncher au pied de leur lit en pleine nuit ?

Mais il y a de l’espoir, car un passif, un problème – une fois reconnu – devient un aspirateur à nouvelles solutions. Création de nouvelle valeur. Votre serviteur – même si la moutarde lui monte au nez – reste éternellement positif et optimiste.

Pourquoi la Grèce est le meilleur pays au monde pour démarrer une économie durable ? Selon le proverbe Sri-Lankais très ancien « La voie vers une économie stable est pavée de la culture de la culture ». Un pays inouï qui demande à créer de la valeur à travers l’immatériel, l’histoire, les gens, la poésie, la vision, la qualité de vie, les valeurs et modes de vie durables.

Voici ma lecture de ces opportunités immenses et du pourquoi en 12 points :

1. Humble  : ayant déjà reçu toutes les critiques possibles et imaginables en plein visage, l’orgueil du Méditerranéen laisse la place à l’humain pur et simple, vrai et ouvert. Enfin, pour la plupart.

2. Frugal  : vont à l’essentiel, ne se soucient plus de superflu ou d’apparences. Ils n’en ont plus le luxe. Les peu de déchets sont triés et valorisés.

3. Qualité saine  : les produits locaux sont le plus souvent naturels & bio. Le vrai prime sur le faux sur les marchés. Difficile de trouver du « junk », car c’est un luxe.

4. Circuit court local  : sur les petits marchés, les fabricants vendent eux-mêmes leurs produits. Ils sont beaux et bons, on a envie de tout acheter…

5. Raffinement  : pas ostentatoire, les villes et villages sont « classe ». Il n’y a pas de débordements, de « junk » marketing visuel. Il fait relativement propre. L’architecture reste connectée aux origines. Pierre de taille. Du roc.

6. Poésie  : propres, élégants, les gens sont francs mais doux, souriants mais authentiques. Le soleil brille, la mer est chaude. Le mode de vie est calibré sur l’équilibre humain, sur la cohérence, sur le non-stress. Puissant.

7. Rencontres  : aux carrefours de la route de la soie – entre Europe du sud, Afrique du nord et Asie Mineure.

8. Racines  : fierté silencieuse, origines nobles de sagesse, profonds liens avec leur terre. Les penseurs grecs sont dans les livres d’histoire du monde entier.

9. Écosystèmes  : tout le monde se connaît ou peut se connaître, le pays est à taille humaine. Ils sont prêts (obligés) à collaborer. Le pays peut être autonome sans trop de rapports vers l’extérieur pour de nombreuses fonctions.

10. Ressources sous-utilisées  : terrains, jeunes, sites, villes, bâtiments, les opportunités sont à portée de mains. Elles crient « utilisez-moi, valorisez-moi ! »

11. La situation sociale et économique  : soyons clairs – ce pays ne peut difficilement tomber plus bas sans révolte sociale. Maintenant, c’est : « relevons-nous ou crevons ». Cette énergie civile « bottom-up » doit être canalisée sans tarder dans des projets créant de la valeur locale, humaine, avec et pour les citoyens. Dans la négative, certains devront aller se cacher pour ne pas se faire lyncher par les foules (ils se reconnaîtront). Et après, la réussite sera une publicité gratuite monumentale et mondiale de succès à répliquer partout dans le monde. Tous les gouvernements deviendront demandeurs des recettes de succès. Un produit grec exportable. Une connaissance et expérience unique et très désirable.

12. Les expériences réussies  : à cette heure, de nombreux projets ont déjà prouvé leur efficacité, même si très peu relayés par les médias (ceci pour des raisons évidentes de pouvoir et d’argent). L’Icelande, le Wir en Suisse, Bristol, Loos-en-Gohelle, Bologne, Turuta, Curitiba, Sonantes, Sardex, et même Volos en Grèce. Toutes ces expériences, enrichies d’un modèle d’économie systémique et sa méthode d’implémentation, permettent enfin de construire de façon durable et collaborative, cette économie et société qui enrichir les gens, la nature, et enfin avec stabilité de la monnaie, une croissance économique durable.

Il ne faut donc même plus inventer la roue. Elle existe déjà. Les méthodes vers demain fonctionnent. Il faut juste les articuler ensemble intelligemment, les connecter avec les ressources sous-utilisées de la région, et lancer des extra-preneurs en alliance avec acteurs locaux.

Pour info, Ryan Air vole depuis Charleroi sur Athènes, Salonique, Cania, Rhodes, Corfou et Zakyntho. Allez-y. Créez des liens.

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